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 David ABBASI  Siyavash AWESTA

 Perse 7000 ans de civilisation

 Au nom du maître de l’âme et de l’intelligence

Au nom du maître de l’âme et de l’intelligence, au-delà duquel la pensée ne peut aller, du maître  de la gloire, du maître du monde, du maître de la fortune, du maître de saturne et de la rotation des sphères, qui a allumé la lune et l’étoile du matin, et le soleil ; qui est plus haut que tout nom, que tout signe, que toute idée, qui a peint les étoiles au firmament.

C’est ici, ô sage, le lieu où il convient de parler de la valeur de l’intelligence. Parle et tire de ta raison ce que tu sais, pour que l’oreille de celui qui t’écoute s’en nourrisse. L’intelligence est le plus grand de tous les dons de Dieu, et la célébrer est la meilleur des actions. L’intelligence est le guide dans la vie, elle réjouit le cœur, elle est ton secours dans ce monde et dans l’autre. La raison est la source de tes joies et de tes chagrins, de tes profits et de tes pertes. Si elle s’obscurcit, l’homme à l’âme brillante ne peut plus connaître le consentement. Ainsi parle un vieux vertueux et intelligent, des paroles duquel se nourrit le sage : «  Quiconque n’obéit pas à la raison, se déchirera lui-même par ses actions ; le sage l’appelle insensé, et les siens le tiennent pour étranger ». C’est par l’intelligence que tu as de la valeur dans ce monde et dans l’autre, et celui dont la raison est brisée tombe dans l’esclavage. La raison est l’œil de l’âme ; et si tu réfléchis, tu dois voir que, sans les yeux de l’âme, tu ne pourrais gouverner ce monde. Comprends que la raison est la première chose créée. Elle est le gardien de l’âme ; c’est à elle qu’est due l’action de grâces que tu dois lui rendre par la langue, les yeux et les oreilles. (FERDOWSI) 

 Le roi des rois fonde l’université de médecine

Cyrus, roi des rois, roi de l’Egypte du haut et du bas, quand j’étais dans son royaume, m’a ordonné d’aller en Egypte pour créer ou construire dans la capitale une faculté de médecine et je rassemble toute chose nécessaire pour faire fonctionner cette faculté en Egypte.

J’étais allé en Egypte et j’ai fait ce que le roi des rois m’avait ordonné et j’ai préparé tous les livres et laboratoires et j’ai invité la jeunesse de l’Egypte à apprendre la médecine, sous la surveillance de professeurs qualifiés.

Cyrus, roi des rois, connaissait bien la valeur de la médecine et il espérait ainsi sauver la vie des malades d’Egypte.

Ce texte a été ramené de l’Egypte vers Rome par Adrien et il est actuellement dans le musée du Vatican.

 

 

L’homme, une créature inconnue

 

 

L’homme, jusqu’à aujourd’hui, reste inconnu car personne n’a pu donner d’explication totale à cette créature. Qu’est-il, qui est-il, que fait-il, pourquoi est-il là et comment est-il apparu dans ce monde ? Autant de questions auxquelles aucun philosophe, aucun savant ni prophète n’a su donner de réponse.

 

L’homme est un créateur qui, pendant des milliers d’années, a créé beaucoup de civilisations. Aujourd’hui, il est arrivé à un point où nous pouvons le considérer comme le Dieu de la Terre. Tous les progrès des technologies informatiques et nucléaires, créées et découvertes par lui, avancent plus vite que l’être humain…..

L’homme, avec toutes les puissances existantes, reste tout de même incapable de résoudre certains problèmes qui surviennent dans le monde chaque jour. Les problèmes de chômage, de pauvreté, des sans-abri, de faillite de grandes compagnies internationales ou nationales et les êtes sacrés et respectables que les hommes politiques, les chargés culturels…. abandonnent,  montrent qu’un homme de grande qualité peut tomber de haut pour atterrir très bas.

Tandis qu’une partie d’êtres humains rencontre tous ces problèmes, d’autres vivent en paix sans grands soucis et de nombreux qui amélioreraient la civilisation et le progrès d’aujourd’hui.

 

 

 

 

Chance ou Dieu !

 

 

L’homme a, depuis toujours, cherché une personne ou un fait qui justifierait ou condamnerait le mal et le bien qui existent dans ce monde. C’est alors pour cette raison que les Dieux furent créés et que les prophètes parurent parmi les gens.

Aujourd’hui, sans aucun doute, dans de nombreuses sociétés laïques, la chance prend la place de Dieu. Cela dit, personne ne peut contester le fait qu’aujourd’hui, avec tous les problèmes que l’homme rencontre, il soit attiré par la métaphysique. En effet, chaque fois qu’il se sent seul, pauvre, incapable devant les difficultés, les dangers, il recherche une force qui pourrait l’aider. C’est à ce moment-là, que la société n’y pouvant rien, l’homme se tourne vers la métaphysique ou tend à l’autodestruction. Et au fanatique, quelle que soit son appartenance raciale ou religieuse, d’apparaître à ce moment précis. S’il existait des chefs ou des mouvements bien organisés, ceux-ci pourraient recueillir tous ces gens dans leur pays et profiter d’eux  aveuglément..

Pour toutes ces raisons, nous pouvons justifier la présence d’une idéologie ou simplement d’une pensée universelle et qui répond à certaines questions que l’on se pose, même dans les sociétés laïques : Qui est l’homme ? Dieu existe-il ? Comment l’explique-t-on ?

Une des plus anciennes pensées que l’on peut considérer comme la mère de toutes les religions et philosophies mondiales est dérivée de l’AVESTA. L’AVESTA est la plus ancienne pensée perse, vieille de 7000 ans.

 

 

La lutte du bien et du mal !

 

 

ZARATUSTRA, un des prophètes de ces pensées et, avant lui, MITRA, sont les plus connus dans l’écriture occidentale. L’AVESTA se composait de cent vingt livres prodiguant un grand nombre de conseils, d’explications philosophiques, existentielles et juridiques sur la base d’une société civilisée, fondée sur la raison.

Cette pensée n’a jamais été considérée comme une pensée divine et inchangeable. Selon l’AVESTA, les puissances divines et sataniques s’opposaient continuellement, une guerre considérée comme la lutte entre le bien et le mal. L’AVESTA disait aux êtres humains de combattre le mal de trois façons : par une bonne pensée, une bonne parole et une bonne action.

Pour continuer la lutte, il fallait combattre le mal de Satan afin de créer un homme bon. En effet, le danger représenté par Satan persistait puisqu’à chaque instant un homme bon pouvait se transformer en un home mauvais.

Dans la pensée d’AVESTA, le mal indéfini ou le bien parfait n’existe jamais, tout comme l’homme parfait qui ne peut jamais exister.

Chez l’homme, s’affrontent la lumière et l’obscurité, présentes en même temps en lui. Tout dépend du moment où l’une est active sur l’autre.

Mais l’homme est une créature si peu connue que nous ne pouvons jamais connaître précisément sa propension à faire le bien ou le mal.

Quelqu’un de bien peut immédiatement devenir mauvais ou inversement.

Concernant cette dualité de l’homme, il existe depuis toujours une pensée raisonnable qui a su conquérir le monde entier mais, après l’apparition de religions monothéistes : la raison et la dualité de l’AVESTA ont laissé leur place à un Dieu, à la fois quelqu’un de gentil, amoureux et sympathique et quelqu’un qui torture les hommes, les mène vers le diable ou Satan dés qu’ils pèchent ! Ce Dieu qui torture par ses pièges et mène vers l’enfer ne peut être un Dieu juste. Même s’il est celui qui a créé Satan afin de détourner les gens vers le mal pour remplir l’enfer, il ne peut être qu’un maître de jeu, s’amusant avec un scénario comme un scénariste ou un metteur en scène de cinéma.

 

L’AVESTA parle de deux puissances tout à fait indépendantes :

  -l’une représente le bien, n’aime que le bien et n’a créé que le bien, elle se nomme AHOURA-MAZDA ( le savant et le puissant ). Ce Dieu savant et puissant n’a jamais besoin d’approuver ces milices ni ces prophètes puisqu’il sait toute chose avant qu’elle ne se produise.

  -l’autre représente le mal et se nomme AHRIMAN ( SATAN ). Elle ne fait que le mal, la torture et existe partout. Elle vit toujours à coté de Dieu, a la même puissance que lui mais avec des parties négatives tandis que Dieu la possède avec des parties positives.

Par conséquent, chez l’homme s’affrontent les deux pouvoirs qui devraient toujours être en guerre : le bien et le mal, la lumière et l’obscurité. Une partie des êtres humains créé le paradis sur terre et l’autre envoie des êtres humains en enfer. A n’importe quel endroit de l’univers, nous sommes chaque jour témoins de l’enfer ou du paradis créé par l’homme et non par Dieu ou par le Diable.

 

 

L’AVESTA et trois grands religieux

 

 

Chez les Juifs : L’impression et l’influence des Perses sur les trois grandes religions monothéistes sont ancrées dans l’histoire. Par exemple, chez les Juifs, comme nous pouvons le lire dans la Tora, le roi perse nommé Cyrus a libéré les Juifs du Babyl et est ainsi considéré comme le Christ, c’est-à-dire le sauveur des Juifs. C’est Cyrus lui-même qui rédigea, pour la première fois, la Déclaration des Droits de l’Homme, il y a quatre mille ans :

 

 

Première Déclaration des Droits de l’Homme

 

L’édit de Cyrus : « Moi, Kouroch ( Cyrus ), roi du monde, roi de Tintyr ( Babylone ), roi de Sumer et d’Akkad, roi des quatre religions (…), quand je suis pacifiquement entré dans Tintyr, j’instaurai le siège au pouvoir des princes, dans la liesse et l’allégresse. Marduk ( Dieu des Babyloniens ) a incliné vers moi les nobles cœurs des braves babyloniens, car j’ai été chaque jour attentif à son culte. Mes nombreuses troupes circulèrent dans Babylone en toute quiétude. Je n’autorisai quiconque à exercer le terrorisme sur la terre de Sumer et d’Akkad. Je ne perdis pas de vue les nécessités de la cité et de tous ses sanctuaires afin de pourvoir à leur bien-être. J’affranchis les citoyens de Babylone de tout joug avilissant. Je restaurai leurs demeures délabrées ; je mis fin à leurs misères. (…) Jusqu’aux cités d’Assur, Suse, Agadé et Echnuma, à celles de Zamban, Meurnu et Der, jusqu’au terroir de Guti et aux villes saintes situées au-delà du Tigre, je rendit aux dieux leurs places et les installai en des demeures durables. Je rassemblai tous les habitants et leur restituai leurs domiciles. De par la volonté de Marduk, le grand-dieu, je n’autorisai les dieux de Sumer  et d’Akkad à habiter en paix leurs séjours enchanteurs.

 

 

Dans le Christianisme : comme il est fait état dans la Bible, ce sont les envoyés du roi perse qui désignent Jésus comme le prophète :

Jésus étant né à Bethlehem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient (les messagers du roi perse ) arrivèrent à  Jérusalem et dirent : Où est le roi des juifs qui vient de naître ? car nous avons vu  son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.

Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa d’eux  où devait naître le Christ.

Ils lui dirent : A Bethlehem en Judée ; car voici ce qui a été écrit par le prophète :  Et toi, Bethlehem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple.

Alors Hérode fit appeler en secret les mages ( perses ), et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait. Puis, il les envoya à Bethlehem, en disant : Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant, quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient ( Iran ) marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivé au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’un très grande joie.

Ils ( les Iraniens ) entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère et se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

….à Joseph et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu’à ce que…. ( EVANGILE, MATHIEU 2 )

 

Dans cette partie du texte évangélique, nous constatons que pour la première fois, ce sont les Iraniens qui désignaient Jésus comme un prophète et comme le Sauveur des Juifs de la colonisation des Romains.

Pendant plusieurs années, il y a eut un grand conflit entre la Perse et les Romains. Chacun essayait d’affaiblir son adversaire par n’importe quel moyen.

Les Iraniens, savant que les Juifs attendaient l’apparition d’un Sauveur, ont élaboré un scénario sur le Christ et, comme nous l’avons vu dans le texte évangélique, ont même payé Joseph et Marie pour qu’ils prennent leurs enfants et les ramènent vers l’Egypte.

A l’époque, l’Egypte était colonisée par les Perses. Nous pouvons trouver la trace de Jésus en Inde et en Iran où il est resté pendant une vingtaine d’années avant de retourner dans sa ville natale. Il avait appris plusieurs sciences de l’époque, tel que les mathématiques, la philosophie, la médecine, etc.……( En Egypte, en Iran et en Inde ).

En ce temps-là, l’épilepsie existait en Palestine ( ou en Israël ) et on enterrait beaucoup de personnes qui tombaient au sol à cause de cette maladie. Il y avait également la conjonctivite qui rendait les gens aveugles alors que ces maladies n’étaient pas encore connues des paysans de l’époque.

Même si ces maladies étaient reconnues par les Romains qui colonisaient la Palestine, ils ne faisaient aucun effort, dans les villages et les cités où les Juifs étaient en majorité, pour soigner ces pauvres gens.

Jésus, qui avait appris la médecine en Iran, dés son arrivée, créa un groupe de fidèles en leur apprenant une partie de ce qu’il savait et commença à sauver les malades.

Sans doute, si les Perses ont aidé Jésus depuis son enfance, c’était pour conduire les Juifs à la révolte contre les Romains mais, après plusieurs années, la Révolution de Jésus arriva même jusqu’à Rome et l’on peut même constater aujourd’hui que ce ne sont pas les Juifs qui sont devenus chrétiens mais les Européens !!!

 

 

Dans l’Islam : Le roi Cyrus ( désigné dans la bible comme le sauveur des Juifs ) gouvernait 128 pays de son époque, comme le dit la Bible. Parmi ces pays, il y avait l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui et l’Egypte.

Au moment où sa troupe voulait traverser la Mer Rouge pour aller vers l’Egypte, ils ont créé un temple à la Mecque, que l’on nomme aujourd’hui Kaaba, et l’ont nommé la maison de Mars  (Atéchgâh ). Ce temple, qui était la place du feu pendant plusieurs années, était un lieu sacré pour les Iraniens. Après qu’ils aient été forcés de quitter l’Egypte, ils ont même abandonné la Mecque en laissant quelques représentants pour gouverner au Yémen.

Kaaba ( situé dans la ville de Mecque en Arabie Saoudite ) après l’abandon des Iraniens, restait toujours un lieu sacré géré par plusieurs familles et tribus arabes. Bien sûr, ce temple a été plusieurs fois détruit et refait. Mais son aspect d’aujourd’hui est presque le même qu’un Atachgah ( place du feu ). Il en existe toujours quelques-uns uns en Iran, dont un à Persepolis, aujourd’hui nommé Kaaba de Zaratustra.

Et comme j’ai écrit dans le livre « LES SECRETS DE L’ISLAM », une partie du Coran sont des poésies en style persan et certains versets du Coran sont la traduction des Gasses de l’AVESTA.

 

 

 

PLATON, PYTHAGORE ET L’AVESTA

 

 

L’AVESTA, pensée rationnelle de l’homme d’Orient, existait déjà plus de 7000 ans. Mitra le premier la cita puis, plus tard, Zaratustra 1ère. Elle fut réunie et enregistrée dans 120 livres. De 120 livres, il ne reste qu’une petite partie car bon nombre d’entre eux furent brûlés au moment des attaques et de l’invasion dont les Perses ont du faire face, pendant les milliers d’années de leur existence.

Les nombreuses forces et pouvoirs politiques et idéologiques qui ont attaqué les Perses pendant des milliers d’années ont sans doute utilisé à leur profit les 120 livres de l’AVESTA  en les traduisant dans leur langue.

Ce fut le cas des Grecs quand ils ont conquis les Perses, après l’invasion d’Alexandre Le Grand et des musulmans.

Beaucoup d’historiens pensent que Platon connaissait bien l’AVESTA et qu’ils avaient emprunté à cette pensée une grande partie de ses idées.

Pythagore connaissait également l’AVESTA. Dans son livre sur les voyages, on apprend même qu’il avait rencontré Zaratustra. Ses idées au sujet du feu montraient aux historiens que Pythagore connaissait bien l’AVESTA.

 

 

 

IRAN

7000 ANS DE CIVILISATION

L’ANNEE 7022 ( =2000 ) PERSANE  MITRAIQUE

 

 

LES PERSES POSSEDENT LEUR PROPRE CALENDRIER DEPUIS PLUS DE 7000 ANS

 

Ce calendrier sombra dans l’oubli, et fut écarté de l’histoire de ce peuple après l’apogée de l’Islam en Iran. Depuis 1993, grâce à nos recherches et notre travail, le calendrier perse, vieux de 7000 ans, fut de nouveau utilisé dans le monde entier.

 

 

NOUVEL AN PERSE :

 

Le nouvel an perse ( NOWROOZ ) commence, depuis des milliers d’années, à compter du premier jour du printemps, soit le 20 ou le 21 mars de chaque année.

Ce jour-là, toute la famille se met autour d’une table qui est préparée depuis l’année précédente et qui comprend 7 articles commençant par «  SH  » ( Shin ) comme Sharab ( vin ), Shekar ( sucre ), Sham ( bougie ), Shabnam ( fleur ), Shahnameh ( lettre des rois ), Shirini       ( pâtisseries ) et Shamshir ( épée ) qui représente la force et le pouvoir.

Après l’invasion des musulmans en Iran, le Shin ( SH ) a été remplacé par un Sin ( S ) car le vin ( Sharab ) a été interdit par l’Islam et, au lieu de Sharab, on a choisi Serké ( le vinaigre ).

Autour de cette table, le chiffre 7 était toujours sacré pour les Perses et ces articles étaient les articles de la nature, de la beauté, de la vie, de la force et du pouvoir.

Beaucoup de fêtes traditionnelles perses ont été empruntées par d’autres civilisations et religions.

Par exemple, le 21 décembre, qui est le jour de la naissance de MITRA, premier prophète perse, est toujours fête nationale depuis 7000 ans. Avec quelques jours de décalage, il a été porté au 25 décembre et a été appelé « Le jour de la naissance de Christ  ».

 

 

PAQUES ET SIZDAHBEDAR :

 

Le 13ème jour du printemps, était et est le jour où les Perses sortaient de leur ville pour assister au grand pique-nique en dehors de leur Cité.

Cette fête est empruntée par les Juifs le jour de leur sortie d’Egypte, sous le nom de « Fête de PESSAH  ».

Les chrétiens - avec toujours quelques jours de décalage - célèbrent les « Fêtes de PAQUES ». Le nom est d’ailleurs un vocable persan, qui signifie « propre ».

Le « poisson d’avril » existe également depuis 7000 ans dans l’histoire de la Perse. Il a débuté par une plaisanterie de MITRA envers son peuple.

Le « Père Noël » était d’origine AMOUNOWROUZ, qui venait le premier jour du printemps, avec sa barbe blanche et son manteau rouge et son bonnet pour donner des cadeaux aux enfants.

Sans doute chaque peuple détient-il son calendrier et son histoire. Le peuple égyptien, le peuple juif ( actuellement dans sa 578ème année ), le peuple chrétien ( actuellement dans sa 1999ème année ), les Franc-maçon ( aujourd’hui en l’an 5999 ) et les Perses, aujourd’hui en 7021.

 

 

TOUSSAINT :

 

A part les fêtes du Nouvel An, de Pâques…. , il y a les fêtes de la Toussaint, fêtes du retour de l’esprit vers la terre qui ont plus de 7000 ans chez les Perses. En ce jour, fête de Farah-Vashi  (Toussaint ), les gens s’habillent tout en blanc, dansent et écoutent de la musique en clamant : « Accueillons les esprits avec gaieté. »

 

 

 

EXPOSITION A PARIS

7000 ANS D’ART EN IRAN

 

 

En 1961, une grande exposition de 7000 ans d’art en Iran a été organisée au Grand Palais de Paris. Charles De Gaulle, André Malraux et Mohammad Reza Shah ont envoyé chacun un message pour l’ouverture de cette exposition.

Un livre a été publié après cette exposition avec plusieurs articles et photos des objets exposés.

Dr I. Behnam, professeur d’archéologie à l’université de Téhéran et conseiller technique au Musée d’archéologie avait écrit quelques mots concernant cette exposition :

« Après les grandes découvertes de la Renaissance et à la suite des recherches archéologiques qui ont été faites au cours des derniers siècles, on adopta l’opinion que la civilisation grecque était à l’origine du progrès humain.

L’étude de plus en plus approfondie par les savants et les archéologues, des découvertes égyptiennes, démontra par la suite que la civilisation de la Grèce antique était redevable en grande partie à la civilisation égyptienne avec laquelle elle avait pris contact bien avant l’époque classique, soit par mer, soit par l’intermédiaire de l’Asie Mineure.

D’autres découvertes démontrèrent qu’à coté de l’Empire Egyptien, des empires tels que celui des Hittites et des Mittaniens, avaient joué un rôle assez important dans la destinée de la civilisation de l’Humanité.

Les dernières recherches dans différentes régions de l’Iran, spécialement dans les environs du lac de Rézaieh et sur les hauteurs qui bordent la mer Caspienne, montrèrent que bien avant les Grecs, une civilisation très développée existait déjà aux confins de cette mer.

Le très grand nombre d’objets mis à jour dans ces régions, et l’habilité technique avec laquelle ils sont décorés, montrent que leur population possédait une culture très avancée, et qu’elle avait des rapports étroits avec les civilisations de Mésopotamie.

C’est pour faire connaître le rôle très important que la civilisation orientale, et plus spécialement la civilisation iranienne, a joué dans le progrès humain, que nous avons consenti et, malgré de grandes difficultés, obtenu de prêter les pièces les plus précieuses et les plus remarquable de notre musée à cette grande exposition de Paris qui devra resserrer les liens culturels qui unissaient toujours l’Iran et la France. Cette grande manifestation permettra de faire apprécier la valeur de notre civilisation ancienne à tous ceux qui auront l’occasion de visiter cette Exposition. »

 

 

 

Roman Greshman, grand archéologue et chercheur français en Iran !

 

R.Greshman est un grand archéologue et chercheur français, à qui l’histoire de l’Iran est redevable de grandes découvertes sur sa civilisation. Dans un petit article, il nous explique et nous donne un schéma de plusieurs expositions organisées depuis 1931 à Londres jusqu’à 1961 à Paris :

« Il y a exactement 30 ans que s’ouvrait à Londres, en 1931, une grande exposition d’art iranien. C’était l’année où le Plateau iranien connaissait le début des recherches archéologiques.

Certes, la Délégation française en Perse comptait à cette époque plus d’un tiers de siècle d’activité scientifique mais tout son effort, ou presque, était porté sur le site de Suse et la civilisation élamite dont le centre se situait dans la plaine de l’Iran du sud-ouest, c’est-à-dire, géographiquement parlant, dans le prolongement de la plaine mésopotamienne.

A part quelques monuments en ruines amis connus depuis toujours, des époques historiques, achéménides, parthes ou sassanides, que relevèrent et dessinèrent Flandrin et Coste, déjà en 1840, le passé du Plateau proprement dit restait « terra incognita » du point de vue archéologique. Ceci explique la composition de l’Exposition de Londres où, sur quatorze salles, moins de deux furent consacrées à l’Iran pré-islamique.

Quatre ans plus tard, en 1935, l’Exposition d’Art iranien organisée à Leningrad pour le 3ème congrès International d’Art iranien, permit au monde savant de connaître les magnifiques richesses de l’Ermitage, en grande partie constituées par les arts de « l’Iran Extérieur », scythe, sarmate, sibérien, auxquels s’ajoutait un ensemble unique d’argenterie sassanide.

Une exposition d’art persan fut organisée au Caire en 1935 sous les auspices de la Société des Amis de l’Art : elle groupa près de huit cents pièces et, outre un catalogue bilingue, en français et en arabe. Un album de soixante-douze planches conserve le souvenir des plus beaux objets.

L’exposition suivante, celle de Paris en 1938, à la Bibliothèque Nationale, organisée par M.Georges Salles, était consacrée aux objets conservés dans les Musées de France et les collections privées françaises. Elle ne couvrait que l’époque sassanide et surtout islamique, avec les richesses de la Bibliothèque Nationale en manuscrits et miniatures qui étaient pour la première fois présentés au public.

Le musée arabe du Caire faisait connaître par une manifestation plus modeste, en l’année 1947, des pièces de céramique de trouvailles de Kachan, quelques mois avant la publication que lui consacra Bahrami.

Une formule plus large a été adoptée par René Grousset quand il organisa en 1948 une exposition d’art iranien au musée Cernuschi. A la base de celle-ci se trouvaient une centaine d’objets envoyés de Téhéran sur  l’ordre de Sa Majesté Impériale, le Chah d’Iran. Une place assez réduite était réservée aux époques archaïques.

Deux ans plus tard, en 1950, le musée de Téhéran réalisa une exposition à New York et à Boston, en présentant une fois de plus, plus d’une centaine d’objets considérés comme les plus représentatifs des époques historiques.

Enfin sur un plan plus étendu, fut conçue par le professeur Tucci, l’Exposition qu’on a pu voir à Rome en 1956. L’essentiel en était constitué par l’envoi, toujours généreux, du musée de Téhéran, de pièces de diverses époques et, pour la première fois, les organisateurs réussirent à donner une large idée de la civilisation des bronzes du Luristan.

Dans la préface du catalogue de l’Exposition d’Art iranien à la Bibliothèque Nationale à Paris, en 1938, Paul Pelliot écrivait : Le moment n’est pas venu de réaliser le projet que nous avions conçu d’une grande exposition de l’art « iranien »au sens large, sédentaire et nomade, pris à tous ses âges, chez lui et chez ceux qu’il a influencés ». Notre ambition est de tenter ce qui paraissait irréalisable il y a près d’un quart de siècle au grand maître disparu.

L’exposition que nous présentons au public porte pour titre : « Sept Mille Ans d’Art en Iran ». De fait, soucieux de donner au visiteur l’idée la plus complète des arts du Plateau iranien, c’est  par les objets du 5ème millénaire avant notre ère que nous débutons. »

 

 

Plateau iranien

Premières terres de notre globe

 

Certains historiens confirment que les premières terres de notre globe ayant émergées des eaux se situaient dans la région anciennement appelée Mésopotamie ( ancienne Perse ), au même titre que d’autres historiens les situent en Afrique ou aux Amériques.

Cela justifie-t-il peut-être certaines ressemblances dans les rites anciens et racines de dialectes de ces trois continents.

Roman Greshman, dont nous citons ici un extrait des écrits concernant le plateau iranien, fait partie des archéologues et historiens qui confirment ces thèses :

 

 

Plateau iranien

Introduction historique

 

« Les recherches archéologiques qui ont été poursuivis sur le Plateau, par plusieurs nations, et par la France en premier lieu, nous permettent d’illustrer le développement de l’art iranien depuis le 5ème millénaire avant J.-C. jusqu’au 19ème siècle, sans solution de continuité. Chaque époque se trouve ainsi représentée ici, peut-être d’une façon inégale mais suivant l’ampleur de notre documentation. Toutefois, ce que nous avons cherché à souligner, c’est la profonde coupure dans la civilisation et les arts du Plateau qui commence à se manifester à partir, et du fait, de l’arrivée des éléments iraniens qui donnèrent leur nom à ce Plateau.

 

 

La proto-histoire :

 

Les Mèdes et les Perses, suivis par leurs proches parents les Cimmériens et les Scythes, pénétrèrent par vagues successives en Iran, en y changeant profondément les aspects de la vie humaine.

Le grand morcellement du pays devait favoriser les cavaliers iraniens : on peut supposer qu’entrer au service de nombreux chefs locaux, ces mercenaires, que l’on gratifiait d’un petit domaine, et qui, en retour, devaient fournir des troupes composées de leurs hommes, remplacèrent peu à peu les chefs mêmes qu’ils avaient servis. Une lente substitution devait se produire au cours des siècles, qui atteignit de façon inégale les diverses parties du Plateau. Ce qui suivit eu des conséquences d’une importance capitale pour la vie économique et sociale ainsi que pour les arts du Plateau, aux premiers siècles du 1er millénaire avant J-C.

Il s’y produisit quelque chose de semblable à ce que connut l’Italie quand la culture paysanne de « Villanova » se trouva remplacée par celle des villes après l’arrivée des Etrusques. Progressivement se produisit en Iran, la transformation des villages préhistoriques dont l’art cultivé ne dépassait pas, ou à peine, la poterie peinte, en bourgs ou villes fortifiés, et le passage de la vie agricole et paysanne en « oikos » sous l’autorité d’un chef ou d’un prince.

Sur des terrasses artificielles entourées de villes basses, s’élevèrent les maisons de ceux-ci ; c’est l’époque où l’on commence à utiliser de plus en plus largement le fer, ce qui stimule un puissant effort des ateliers des métallurgistes ; enfin, le cheval, certes connu auparavant mais jamais en nombre si élevé, du fait de son élevage par ces peuples, nomades hier encore, fournit à ceux-ci une force nouvelle qui leur permet une rapide et profonde domination sur les autochtones conquis.

A cette époque aussi commence la réalisation de grands travaux d’irrigation. Ecbatane, la moderne Hamadan, la capitale des Mèdes, a été fondée à la fin du 8ème siècle avant J-C. C’est également au cours du second quart du 1er millénaire avant notre ère que naissent, d’après les savants soviétiques, les trois grands centres culturels des Iraniens de l’Asie Centrale : Samarcande, Merv et Balkh. On admet aussi que c’est depuis cette époque que date la composition des Gathas, où la partie la plus ancienne de l’AVESTA, le livre sacré des Iraniens.

Qu’apportent-ils, ces nomades qui deviennent les maîtres incontestables du Plateau, dans le domaine des arts ? Cavaliers-guerriers et chasseurs qui passaient leur vie dans l’ambiance des animaux, ceux qu’ils élevaient et ceux qu’ils chassaient, c’est l’image de l’animal qu’ils prisent avant tout dans les arts qu’ils cultivent. L’art animalier, tel que nous le connaissons depuis le début des arts proprement dits iraniens, tel il resta aux époques postérieures : tantôt on façonne un vase en terre en lui donnant la forme d’un oiseau ou d’un cheval ; tantôt on le décore d’une tête ou d’une protome d’animal ; celui-ci grimpe sur une hache en bronze, orne une épée, couvre avec son corps des éléments de harnachement. La « jonction zoomorphe », ou ornement d’un animal par une partie d’un autre animal, qui constitue une particularité des arts des nomades des steppes eurasiques, telle qu’on la connaît chez les Scythes de la Russie du sud ou chez leurs parents des vallées de la Sibérie du sud, fleurit à l’époque protohistorique dans l’art mède et restera sensible dans les manifestations artistiques postérieures de l’Iran.

Très importants pour la naissante civilisation des nouveaux venus étaient leurs contacts avec les pays de l’Orient ancien, à cultures plus élevées que celle des habitants pré-iraniens du Plateau. Il se trouva que les Iraniens devinrent les voisins immédiats de l’Elam, de la Babylonie, de l’Assyrie et de l’Urartu, puissances avec lesquelles ils étaient probablement entrés en rapports très suivis, en particulier avec la dernière d’entre elles, dont ils durent même subir la souveraineté à leurs débuts.

Rappelons aussi que c’est au 8ème siècle avant notre ère que les Grecs commencèrent à fonder leurs colonies sur les bords sud et sud-est de la mer Noire- région proche de la Transcaucasie vers laquelle l’Urartu réussit à étendre sa domination- et peut-être encore plus tôt, leurs comptoirs sur les cotes de la Méditerranée orientale. Ces deux facteurs nous échappaient jusqu’au jour où les témoins des échanges entre l’Iran proto-historique et les Grecs du 7ème et 8ème siècle avant notre ère, furent mise au jour sur les îles de ceux-ci. Toutefois, tout attirés qu’ils fussent par le monde occidental, les Iraniens ne rompirent jamais leurs rapports, et on peut dire leurs liens, avec le monde mouvant des steppes eurasiatiques, les régions d’où ils venaient  et où restaient encore les peuples auxquels ils étaient apparentés, porteurs des cultures qu’ils possédaient naguère eux-mêmes.

Cinq salles de notre Exposition sont consacrées à cette période proto-historique de l’art iranien qui couvre une large période des quatre premiers siècles du 1er millénaire avant J-C. Ce n’est pas seulement la richesse des collections acquises qui justifie l’importance de leur présentation mais aussi, et surtout le fait que nous sommes sensés reconnaître dans les réalisations de cette époque les bases des arts postérieurs que nous connaîtrons sous les dynasties historiques. Car, c’est du rhyton proto-mède  que dérivera le rhyton en or achéménide, exposé dans la salle où l’on peut admirer les arts du premier empire mondial : c’est l’épée d’Amlach ou du Luristan qui annonce l’épée en or du Roi des Rois (exposée dans la même salle), et c’est un bronze du Luristan avec deux protomés d’animaux qui a donné naissance à l’idée si largement mise en œuvre par les architectes achéménides quand ils ont conçu les chapiteaux des palais sous forme de doubles  protomés de taureaux, de lions ou de griffons.

Les cadres historiques contribuèrent à la longue à la formation du premier Etat iranien. Tout comme les tribus israélites, sous la pression des Philistins, choisirent SAÜL et la royauté, les Mèdes, à la suite des occupations de leur pays par les Assyriens, ou de la pression exercée par l’Urartu, choisirent la même voie en confiant leurs destinées à Deiocès et à sa descendance. A la fin du 8ème siècle avant notre ère, les Mèdes forment un royaume ( c. 712-550 ) auquel succédera celui des perses qui sera fondé par Cyrus le Grand.

Deux tribus politiques se présentent devant Cyrus, ce remarquable conducteur d’hommes, ce stratège au talent puissant. A l’Occident, c’était la possession de la côte méditerranéenne, de cette Asie Mineure où, a coté de la riche Lydie, les Grecs tenaient les bases maritimes.

Du coté de l’Orient, c’était la nécessité d’assurer la sécurité. Par la création d’un grand Etat policé qui absorba une partie des vieilles cultures, les frontières du monde civilisé se trouvèrent reculées loin vers l’Est, aux confins de l’Oxus ( Amou-Daria ) et de l’Yaxarte (Syr-Daria), là où continuaient à se mouvoir les peuples et les tribus de « l’Iran extérieur ». Cyrus consacra sa vie à la poursuite de ces deux buts et la sacrifia au second.

Peu de rois laissèrent le souvenir d’une élévation semblable à celle qui auréola Cyrus. Grand capitaine, conducteur d’hommes, il fut favorisé par le sort qui le combla. Généreux et bienveillant, il ne songea jamais à couler dans le même moule les pays conquis et eut la sagesse de ne pas changer les rouages de chaque royaume qu’il rattachait à sa couronne. Partout il se présentait en successeur des rois nationaux. Alexandre ne fut pas le premier à adopter une politique semblable ; il n’eut qu’à suivre l’exemple de Cyrus pour être acclamé par ses nouveaux sujets. Ce souffle nouveau passa sur le monde, chassant les cris des victimes égorgées, éteignant les incendies des villes anéanties et libérant les nations réduites en esclavage.

Les Perses le nommaient  « Père » ; les Hellènes voyaient en lui un « maître » et un « législateur », et les Juifs, un « Oint ».

 

 

 

 

 

 

PERSE

CONFIGURATION PHYSIQUE DE L’IRAN

 

 

Le Plateau iranien est un triangle pris entre deux dépressions, le Golfe Persique au Sud et la mer Caspienne au Nord. Comme un pont jeté entre l’Asie centrale et l’Asie antérieure, il forme un promontoire qui relie les steppes de l’Asie intérieure aux plateaux de l’Asie Mineure et, au-delà de celle-ci, à l’Europe. Cette situation explique le rôle historique que fut appelé à jouer le Plateau au cours des millénaires de l’histoire de l’humanité.

Ce triangle est délimité par des montagnes qui s’élèvent autour d’une dépression centrale, désertique aujourd’hui, et qui est le fond d’une mer desséchée. Les montagnes de l’Ouest ou le Zagros étirent du Nord-Ouest au Sud-Est, sur plus de 1000 km de longueur et 200 de largeur, une chaîne haute de 1000 à 1700 mètres, à multiples plis parallèles qui cachent des vallées longues de 50 à 100 kilomètres et larges de 10 à 20. Au-dessous des pâturages des parties hautes de ces montagnes, s’étendent le reste de forêt, jadis touffues, de chênes, de noyers, de chênes verts, d’amandiers sauvages et de pistachiers. Encore plus bas, dans les hautes vallées, poussent la vigne, le figuier et le grenadier ; la culture y est très développée : blé, orge, pavot, coton, tabac.

La chaleur de l’été des vallées basses oblige l’homme s’occupant de l’élevage des chèvres, des moutons et des chevaux à remonter vers les hauts alpages. Aussi une forte partie de la population mène-t-elle une vie nomade qui lui est imposée par la nature et le climat.

Dans la partie centrale du Zagros, se détache une saillie qui se dirige vers l’Ouest dans la plaine mésopotamienne et qui provoque la courbe du Tigre qui, dans cette partie de son cours, se rapproche de l’Euphrate. Cette saillie en forme de couperet, est comme une menace suspendue par la montagne au-dessus de la plaine. Et, de fait, c’est de là que partit, au second millénaire avant J-C., l’invasion des Kassites qui habitaient l’actuel Luristan et qui dominèrent la Babylonie pendant plus de cinq siècles.

La partie septentrionale du triangle est marquée par la chaîne de l’Elbourz, avec son pic de Démavend dépassant 5600 mètres, et qui borde le Sud de la Mer Caspienne en épousant sa courbe. C’est une haute et étroite barrière qui sépare la bande côtière, avec sa végétation luxuriante, des régions désertiques du centre. A son extrémité, l’Elbourz atteint l’Azerbaïdjan iranien dont le centre est occupé par le lac d’Urmia, région dont la population est la plus dense de l’Iran et dans les riches vallées de laquelle on cultive le blé, le millet, le coton, le riz, le tabac, le ricin, les melons. Surnommé « isthme médique », l’Azerbaïdjan, par les routes du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est qui y mènent, est un pays de pénétration des plus faciles à atteindre. Cette province, une des deux « blessures » de l’armature montagneuse de l’Iran, a vu venir, au cours de l’histoire, et s’installer dans les vallées étagées autour du lac, les Mèdes et les Perses, les Kurdes, les Mongols, les Turco-Tatars. Là, naquirent les dynasties mède et perse. Là aussi, devant cette porte d’entrée de l’Iran, et pendant des siècles, l’empire perse monta la garde, barrant la route aux multiples invasions qui déferlèrent, à travers le Caucase, des steppes de la Russie du Sud, en y élevant des travaux de fortifications qui restent encore debout. Un mélange de races, un climat dur mais sain, un sol fertile, ont élaboré un type racial travailleur et énergique qui contribua grandement au développement et à la prospérité de cette vieille province iranienne.

A l’Est, la chaîne de l’Elbourz forme les montagnes de Khorassan, pas très élevées et d’un passage facile, avec des vallées d’une grande fertilité où croisent le blé, l’orge, le riz, le coton, la vigne, le pavot. Ce grenier de l’Iran, par sa configuration géographique, constitue la seconde « porte » de pénétration sur le plateau. Par-là, se déversèrent des vagues d’envahisseurs venant des plaines eurasiques qui couvrent des milliers de kilomètres au Nord, à l’Ouest et à l’Est. Tout comme l’Azerbaïdjan, le khorassan est un « carrefour » de peuples et il connut les razzias des Turcomans jusqu’à la fin du 19ème siècle. La vallée de l’Atrek et la plaine de Gorgan, entre la mer Caspienne et la montagne, sont des oasis naturelles de migration vers l’Iran où des rois sassanides élevèrent, pour se défendre, un mur de briques long de plusieurs kilomètres, dont subsistent encore des vestiges. Dans cette région de l’Iran du Nord-Est naquirent plusieurs dynasties : celles des Arsacides, des Safavides, des Kadjars.

Enfin, aux montagnes de bordure appartient la chaîne du Sud, appelée la chaîne du Makran, qui est une rangée d’arêtes percée de deux passages, l’un vers Bender-Abbas, port jadis très prospère sur le Golfe d’Oman, l’autre vers l’Est, le Béloutchistan et Quetta.

Dans la partie centrale du Plateau que traversent deux chaînes intérieures, s’étend une grande dépression désertique, la plus sèche du monde, qui se divise en Dacht-é Kevir au Nord et Dacht-é Lut au Sud. La première partie est une suite de cuvettes de boue et de sel où rien ne pousse ni ne vit. Par endroits, autour de ces creux, là où le sol a une moindre teneur en sel, la vie est possible et on peut y rencontrer de véritables oasis. Le Lut, par contre, est un bassin entièrement desséché, et les rares explorateurs qui eurent le courage de parcourir ce désert inhospitalier, affirment que les grands déserts de l’Asie Centrale, tels que celui de Gobi, paraissent être des régions fertiles à coté.

Ainsi, la vie sur le Plateau ne pouvait se développer que dans les vallées des grandes chaînes qui en forment le pourtour, ou dans les oasis. Mais elle a aussi marqué un grand essor dans les grandes plaines extérieures  et intérieures, parmi lesquelles il faut, en premier lieu, mentionner la plaine du Sud-Ouest ou le Khuzistan, l’ancienne Susiane, qui, géographiquement, n’est que le prolongement de la plaine mésopotamienne. S’enfonçant dans la chaîne du Zagros, elle est comme un contrepoids du saillant montagneux du Luristan, ou Poutch-é Kuh. Pays d’une très vieille civilisation urbaine et sédentaire, la Susiane influença, au cours des siècles, la population des montagnards nomades et semi-nomades habitant sa périphérie. Quand les frontières politiques de l’empire iranien s’étendaient loin à l’Ouest du Zagros, c’est dans cette plaine que s’élevait sa grande capitale, Suse, centre administratif aux communications faciles avec la Mésopotamie et l’Asie Mineure.

Une autre plaine extérieure s’adosse aux montagnes qui bordent la mer Caspienne. La haute barrière de celles-ci arrête les nuages qui arrosent abondamment cette étroite bande de terre, d’une fertilité extraordinaire. C’est l’Iran couvert de forêts, de marécages et de jungles, et où poussent le riz, le coton, le thé, le tabac, la canne à sucre, des orangers, citronniers, figuiers et grenadiers, et nourrit environ un tiers de la population de l’Empire.

Les plaines extérieures jouèrent, toutefois, un rôle secondaire dans le développement de la civilisation iranienne dont les centres se trouvaient, dés la plus haute antiquité, dispersés parmi les oasis des chaînes qui entourent le Plateau, et où restent accrochés les nuages. Ainsi tout ce qui s’étend à l’intérieur du pays est en principe désertique, à moins qu’une irrigation artificielle en vienne animer la terre d’alluvion, généralement très féconde. Malgré un climat très froid en hiver, et très chaud en été, partout où l’homme peut lui donner de l’eau, la terre rapporte abondamment. De tout temps sur le Plateau al question de l’irrigation a été vitale : dés la période préhistorique, le pays était irrigué artificiellement, et, à l’époque achéménide, un long réseau de canaux souterrain ( Ghanat ou kariz ) existait déjà. Même de nos jours, dans certaines régions, l’eau captée au pied des montagnes, à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, est amenée dans les centres à une distance de 30 à 40 kilomètres. Des milliers d’hommes travaillent tous les ans au curage et au creusement d’anciens et de nouveau canaux. Grâce à cette eau, grâce aussi au pluies que favorisent le Zagros et l’Elbourz, leur bordure intérieure est un immense chapelet de culture et de villes oasis. Toutes les capitales de l’Iran, et ceci depuis le premier royaume qui s’était formé en Médie, s’échelonnent, face au désert, le long des deux principales routes qui suivent les rebords intérieurs des deux grandes chaînes. De l’Ouest à l’Est, sur la route stratégique et commerciale qui suit l’Elbourz, se trouvent Ecbatane, Hamadan, Kazvin, Théran-Rey, Hécatompylos ( Damdhan ), Hérat. Sur la route du Sud, on connaît Ispahan, Pasargade, Istahr, Persépolis, Chiraz. Et ce fait, valable pour la période historique de l’Iran, et qui est une conséquence logique de la disposition géographique de ce pays, l’est également pour la plus haute antiquité, car les recherches archéologiques viennent de prouver que l’homme de l’âge de la pierre, à peine descendu de la montagne et installé dans la plaine, s’était fié sur le même tracé qui dessine un arc de cercle autour du désert Salé, avec Kashan ( Sialk ), Qum, Rey, Damghan, les seuls points identifiés  jusqu’à présent. La vie religieuse même du pays se trouva subordonnée à cette loi que la nature imposa à l’homme du Plateau, puisque les deux villes saintes de l’Iran sont situées, l’une sur la route, qui va de l’Ouest à l’Est ( Meshed ), et l’autre ( Qum ) sur la route du sud.

Pays agricole et éleveur par excellence, l’Iran possède un sous-sol riche et très varié. Déjà au 3ème millénaire avant J-C, ses carrières fournissaient le marbre et l’albâtre aux princes sumériens qui recherchaient aussi le bois de construction de ses forêts, dont les montagnes, aujourd’hui presque dénudées, étaient jadis couvertes. La cornaline, la turquoise, le lapis-lazuli, en étaient extraits dés la plus haute époque. Le fer, le cuivre, l’étain, le plomb, avaient attiré l’attention des conquérants assyriens. Les deux retombées du Zagros, de formation gypseuse, contiennent des nappes de pétrole, qui était déjà connu du temps d’Hérodote, et qu’on exploite depuis plus d’un demi-siècle. Ainsi l’Iran, d’aspect déshérité, possède d’immenses réserves dont la mise en valeur ne fait que commencer. Entouré de tous cotés de montagnes, le pas est en réalité, ouvert aussi bien du côté des plaines mésopotamienne et russe que de l’Inde et de la mer du Sud. Nœud des grandes voies de communication qui relient l’Est à l’Ouest, l’Iran fut traversé par la plus ancienne route commerciale, la route de la Soie, qui a été aussi celle des invasions. Car malgré la protection de ses montagnes et son aspect de citadelle, l’Iran, avec sa constitution physique trop désarticulée pour être homogène et pour pouvoir être défendu efficacement ne connut que trop de conquérants. En cela réside la cause de ses périodes de décadence, mais aussi de sa gloire, puisque, malgré tout, sa population, toute disséminée qu’elle fut sur des lanières de terre  cultivable et dans les oasis, sut créer une civilisation dont les idées et les mœurs influencèrent bien des peuples et dont l’évolution religieuse et artistique marqua de son empreinte plus d’une civilisation étrangère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Homme de la grotte

Civilisation perse et

Europe sous les glaciers

 

 

De récentes recherches géologiques en Iran ont pu démontrer qu’à l’époque où la majeure partie de l’Europe se trouvait sous les glaciers, le Plateau passait par la période pluviale durant laquelle même les hautes vallées étaient couvertes d’eau. Sa partie centrale, aujourd’hui un grand désert salé, n’était qu’un immense lac ou une mer intérieure où s’écoulaient, venant des hautes cimes, de nombreux torrents. Les poissons et les coquillages fossilisés, provenant non seulement de ce désert mais souvent aussi des hautes vallées, illustrent largement l’aspect physique du pays tel qu’il fut plusieurs milliers d’années avant notre ère chrétienne.

A une époque, qu’on place environ entre quinze et dix mille ans avant notre ère, commença à se produire un lent changement de climat ; à l’époque pluviale succéda celle que l’on désigne sous le nom d’époque aride et qui se poursuit encore de nos jours. La diminution des chutes d’eau, d’une part, le niveau élevé des lacs et des mers intérieures, d’autre part, ralentirent le cours des torrents et des rivières qui amenaient l’eau des montagnes, du fait de la régularisation de leur débit, s’accumulèrent aux embouchures des dépôts d’alluvions, formant des terrasses qui émergèrent bientôt et constituèrent un stade de transition entre la future plaine ou vallée et la montagne proprement dite.

A cette époque, l’homme préhistorique habitait déjà le plateau iranien. Tapi dans un trou creusé dans le flanc boisé de la montagne et recouvert de branchages, ou occupant, le plus souvent, une des nombreuses grottes ou cavernes qui sont pour la plupart des lits souterrains d’anciennes rivières et nous venons, au printemps 1949, pour la première fois en Iran, d’identifier les traces humaines eu cours de notre exploration d’une grotte de Tang-i Pabda, dans les montagnes des Bakhtiari, au Nord-Est de Shushtar, l’homme menait une vie de chasseur cherchant la nourriture, et employait plus souvent la ruse que la force ; il connaissait l’usage du marteau de pierre, du coup de poing ainsi que de la hache qu’il ligotait dans un bâton fendu, tous outils rudimentaires, à peine dégrossis par les éclats. L’outillage en os, représenté par les alènes taillées dans les os les plus résistants des animaux, est beaucoup moins fréquent que les outils en pierre. Mais déjà l’homme employait une poterie grossière à peine cuite, qui à la fin de son habitat dans la grotte, était d’un noir foncé du fait d’une fumigation accentuée, de type céramique attesté également dans les plus anciennes installations de l’homme dans la plaine, et indice important permettant de rattacher l’une à l’autre les deux phases de l’habitat. On admet que dans cette société primitive, une tâche particulière fût dévolue à la femme : gardienne du feu, inventrice de la poterie qu’elle continue à fabriquer, c’est elle qui, armée d’un bâton, cherchait dans la montagne des racines comestibles ou faisait la cueillette des fruits sauvages. La connaissance des plantes, de leur poussée saisonnière, des graines qu’elles apportent, fruit d’une longue et tenace observation, l’amène à faire des essais de culture. Sur les terrasses d’alluvions, elle fait ses débuts d’agriculteur, et tandis que l’homme ne marque que peu de progrès par rapport au passé, la femme apporte beaucoup de nouveau par son exploitation primitive de la culture à l’époque néolithique à laquelle appartiennent les installations connues dans les grottes. Un déséquilibre dû se produire dans les rôles joués par l’homme et la femme, et c’est ce qui est peut-être à l’origine de la formation de certaines sociétés primitives à prédominance féminine, autrement dit des matriarcats ( ou, peut-être, de sociétés pratiquant la polyandrie ), ou la femme dirige les affaires de la tribu, est élevée à la prêtrise, et où la succession dans la famille se fait par la lignée féminine, la femme étant considérée comme transmettant dans son état le plus pur le sang de la tribu. Nous verrons que cette sorte de matriarcat fut une des pratiques particulières des habitants autochtones du Plateau et qu’elle passera plus tard dans les pratiques des Aryens conquérants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le premier sédentaire

de la plaine 

500 ans avant Jésus-Christ

 

 

L’assèchement progressif des vallées, dû à l’avancement de la période aride, provoqua de profonds changements dans les conditions de l’existence de l’homme. Le grand lac central diminuant d’étendue, ses bords, où le limon des torrents laissa un dépôt fertile, se couvrent d’une riche végétation de pâturages et de savanes. Les animaux qui habitaient la montagne descendent vers ces prairies nouvellement formées, et l’homme, qui vit de leur chasse, les y suit.

Abandonnant enfin les pentes des montagnes et les terrasses, il s’installe sans la plaine. A partir de cette époque, que l’on peut placer approximativement au 5ème millénaire avant l’ère chrétienne, nous pouvons suivre presque sans solution de continuité l évolution de la culture de l’homme du Plateau iranien. Certes, celle-ci fut influencée différemment suivant les régions, la configuration du terrain, le climat, les contacts avec les voisins, les invasions et les migrations, mais les différences qui en résultèrent ne peuvent être prises en considération  et nous échappent même encore souvent, des régions entières de l’Iran restant vierges de recherches archéologiques jusqu’à nos jours.

C’est à Sialk, près de Kashan, au sud de Téhéran, que nous avons identifié la plus ancienne installation de l’homme dans la plaine. A la base de la colline artificielle, juste au-dessus du sol vierge, se trouvaient les vestiges de son premier habitat : il ne savait pas encore construire de maison et s’abritait sous des huttes en branchages ; mais, bientôt après, s’élèveront sur ces restes de modestes masures en pisé. Tout en restant chasseur, l’homme étend son activité d’agriculteur, et à ces deux occupations s’en ajoute une troisième : l’élevage ; car, dans les installations de cette Période 1, furent recueillis des os de bœuf et de mouton qui étaient déjà domestiqués. La poterie, faite à la main, sans tur, noir fumigé, que nous connaissons chez l’homme de la caverne, s’enrichit d’une céramique rouge sur la surface de laquelle les accidents de la cuisson, faite dans un four très primitif, laissent des plaques noires. Mais premier progrès dans l’art du potier, ici apparaît la peinture. Les vases décorés ne sont que de grosses écuelles instables, et leurs supports en forme de coquetiers sont couverts d’un enduit blanc sur lequel sont tracées des lignes horizontales et verticales. Mieux étudié, ce décor dévoile qu’il est une imitation de la vannerie - l’homme qui, il y a peu de temps, se servait de paniers enduits de terre séchée au soleil en guise de récipients, reproduit avec de la peinture le mouvement des brindilles. Un nombre important de fusaïoles, en terre cuite ou en pierre, indique qu’il connaissait les rudiments de l’industrie textile. L’outillage est entièrement en pierre : lames de couteau en silex, dents de scie, haches polies, grattoirs. Toutefois, vers la fin de cette période, apparaîtront les premiers petits objets en cuivre, toujours martelés. Apprenant à connaître le premier métal qu’il utilise, l’homme sait qu’il est malléable mais ignore encore l’art de le fondre. La civilisation de cette époque est à l’extrême fin du néolithique.   

L’homme et la femme aimaient se parer ; ils enfilaient des coquillages en colliers, et taillaient, dans de grandes coquilles ou de la pierre tendre, des bagues et des bracelets ; le tatouage devait exister ou, du moins, le fard qu’on écrasait ç l’aide de petits pillons dans de minuscules mortiers  ( fig.5 ).

Le goût pour l’art se manifeste surtout dans la sculpture sur os. Avant d’avoir peint un homme ou une bête sur un vase, l’artiste néolithique sculpte l’os et orne les manches de ses outils d’une tête de gazelle ou de lièvre. La plus belle pièce que nous ayons trouvée est certainement celle qui représente l’homme de cette époque, la tête couverte d’une calotte, un pagne autour des reins maintenus par une ceinture. On peut considérer ce manche de couteau comme une des plus anciennes figurines de l’homme de l’Asie antérieure.

Les morts étaient enterrés recroquevillé sous le sol des chambres ; cette proximité dispensait les vivants des offrandes, l’esprit du mort participant aux repas de la famille. Toutefois, l’idée que le mort continue de vivre dans l’au-delà comme sur terre existe déjà puisque, près du squelette d’une tombe, on avait déposé une hache en pierre polie à portée de la main, et près de la tête deux mâchoires de mouton. La nourriture solide, et aussi, probablement, liquide, accompagnait le mort dans sa tombe, et si les récipients ont disparu, on peut croire qu’ils étaient faits de matières périssables, comme les calebasses ou les paniers. Les ossements sont teintés de rouge, résultat d’une pratique connue ailleurs et qui consistait, soit à couvrir d’une couche de peinture de cette couleur le corps du vivant, soit plutôt à répandre de la poudre d’oxyde de fer sur le défunt lors de son inhumation.

La domestication du premier animal, à laquelle l’homme arrive peut-être par la nécessité d’avoir sous la main  des bêtes à sacrifier, est d’une importance capitale dans l’avancement de la culture humaine. Sans exiger de nourriture, l’animal nourrit et habille l’homme et constitue une force utilisable pour le travail et le transport. La garde d’un troupeau exige une famille nombreuse, femmes, enfants, voire esclaves.

Ainsi dés cette époque, les secteurs de base de l’économie humaine se trouvent constitués : après la chasse et la pêche, le jardinage et les champs, suivent l’élevage et l’exploitation du sous-sol. L’homme sort de l’état où il n’était astreint qu’à chercher la nourriture de la journée : il produit et- première étape vers le commerce- il créé le superflu qu’il peut échanger. De fait, le commerce existe déjà. Les coquilles et coquillages servant d’ornements aux habitants de Sialk de cette Période 1, examinés par des spécialistes, ont été reconnus comme appartenant à des espèces provenant exclusivement du golfe Persique, distant de près d’un millier de kilomètres. Certes, ce n’est pas par contact direct que les échanges eurent lieu : le commerce se faisait surtout par les colporteurs.

Déjà, à cette époque, l’homme d’un village préhistorique n’y vivait pas comme en vase clos, et le début de son commerce ne constitua nullement le privilège de l’habitant du Plateau, puisque son contemporain d’Allemagne recevait lui aussi les coquilles de l’Océan Indien et celui de France ou d’Angleterre, l’ambre de la mer Baltique.

On veut croire que la fin du néolithique correspond, dans la tradition judéo-chrétienne à l’expulsion de l’homme du paradis et à son passage à l’état de paysan laboureur, ce qui, somme toute, était une des plus grandes révolutions de la société humaine et dont les conséquences se poursuivent encore de nos jours.

 

 

 

 

 

Civilisation préhistorique de l’Iran

au 4ème millénaire avant J.-C.

 

 

L’étape dans le développement de la civilisation préhistorique de l’Iran, que nos allons désigner par Période 2, n’est qu’une phase plus avancée de celle qu’on vient de voir. Ses restes s’accumulent au-dessus de ceux qui correspondaient à l’installation de l’homme dans la plaine. Aucune guerre, aucun bouleversement violent ne semble avoir troublé ce village préhistorique qu’aucune influence du dehors n’a marqué. L’homme, toujours à la recherche du perfectionnement de son outillage, ne désigne pas non plus l’embellissement et l’amélioration de sa demeure.

C »est ainsi que les maisons deviennent plus grandes et les crapaudines indiquent l’utilisation de portes. Le pisé cède la place à la brique crue qui vient d’être inventée. A cette époque, la brique n’est qu’une motte de terre plus ou moins façonnée entre les paumes des mains et séchée au soleil, et sur laquelle des creux marqués avec les pouces donnent plus d’adhérence au mortier de jointement ( fig. 6 ). Elle avait l’avantage sur le pisé de donner plus de régularité au mur et d’empêcher la fissuration. L’embellissement de l’intérieur fait appel à la peinture rouge dont on enduit les murs des chambres, et qui est un mélange d’oxyde de fer, si courant sur le Plateau, et de jus de fruit ; ce fait illustre le goût de la variété dans les recherches de l’homme et sa capacité d’invention. Sous le sol battu, où, de place en place, un endroit évidé marquait l’emplacement des coupes ou des écuelles, à quelque 15 ou 20 centimètres de profondeur, les morts, couchés  « en chien de fusil », restaient prés du foyer familial.

L’affinement du goût qui se manifeste dans l’arrangement de la demeure ressort également de la nouvelle céramique. A coté des produits qui existaient précédemment, apparaît une autre poterie, de formes plus réduites, mais d’une exécution plus soignée et mieux cuite, attestant l’invention de la tournette, simple plateau de bois posé à terre et manœuvré par un aide, et le perfectionnement du four. Le grand attrait de cette céramique, sa nouveauté, réside dans son décor qui reproduit en noir sur fond rouge foncé, des suites d’animaux : oiseaux, sangliers, bouquetins bondissants. Par de simples traits, le potier image des animaux pleins d’allant, d’un réalisme vigoureux, et, presque simultanément, il glisse vers une simplification de son motif naturaliste, vers une stylisation dans laquelle il est souvent malaisé de retrouver le sujet primitif ( fig. 7 ). Dés cette époque, l’Iran préhistorique révèle un art aussi frais dans la céramique que dans ses produits de l’os sculpté de ses débuts. Nulle part ailleurs, on ne connaît une maîtrise pareille, ce qui amène à penser que le Plateau fut le foyer créateur de la poterie peinte. Aucune céramique n’a fourni encore, à une époque si reculée, la preuve d’un réalisme aussi vigoureux et qui s’est mué si rapidement en un style abstrait. Ce pas ne fut franchi pour la première fois, vers 4000 avant J.-C., que par le potier préhistorique de l’Iran.

Le métal ne pénètre que lentement dans l’outillage des humais où la pierre maintient une place prédominante ; on ne le fond pas encore mais on le martèle, et il prend la forme de petits perçoirs ou de poinçons. Jamais, semble-t-il, il n’est sculpté comme on l’a observé chez certains habitants préhistoriques d’Egypte. Les bijoux augmentent en nombre et s’enrichissent de nouvelles matières telles que la cornaline et la turquoise dont les couleurs vives sont d’un plus grand attrait. Aux ossements des animaux domestiqués précédemment, s’ajoutent ceux du chien

 Du type lévrier, et du cheval du type Przjévalsky : petite bête trapue et résistante, à crinière touffue et raide, qu’on considère comme étant une étape intermédiaire entre l’onagre et notre cheval ( fig. 8 ), et qui résout la question du transport et des déplacements tout en facilitant le travail des champs.

Le village s’agrandit rapidement. Avec l’extension de son activité, dans l’agriculture, l’homme, qui connaît déjà la charrue, adopte de plu en plus volontiers le travail en commun et profite de l’aide de son voisin, aussi bien pour la construction de la maison que pour le travail de défrichement ou d’irrigation. La femme jardine, s’occupe de la nourriture, continue encore à produire des vases, mais cette industrie passe à cette époque dans les mains de l’artisan qui se sert encore de la tournette, et on explique généralement le retard dans l’invention du tour par le fait que très longtemps ce fut la femme qui façonnait les vases à la main ; à la maison.

L’aire sur laquelle évolue le commerce s’élargit. L’échange prend de l’essor. Tout peut servir de monnaie d’échange dans ce commerce primitif : fourrure, tête de flèche, hache en pierre mais surtout l’alimentation : blé, orge, fruits, et aussi le bétail dont le grand avantage est de pouvoir faire fructifier « le capital ».

On admet qu’à cette époque, où l’homme en est à ses débuts dans l’emploi du métal et remplace très timidement quelques petits outils en os, l’activité commerciale par tapes gratifia l’humanité d’un magnifique essor dans le domaine de l’échange des plantes et des arbres. L’orge et le blé, originaires de l’Iran où ils se trouvent à l’état sauvage, et qui étaient déjà cultivés, probablement, sur les terrasses, sont transportés aussi bien en Egypte qu’en Europe ; le millet, provenant de l’Inde, est attesté en Italie ; en contrepartie, l’avoine et le pavot de l’Europe se répandent en Asie et atteignent la lointaine Chine. Les horizons de l’homme s’élargissent pour le grand bien de la naissante communauté, au début du 4ème millénaire avant J.-C., au moment où il passe insensiblement vers l’âge de la plus grande utilisation du métal.

La phase suivante dans l’évolution de la civilisation préhistorique de l’Iran est représentée par la période 3 de Sialk, et compte un nombre élevé de stratifications superposées, qui illustrent sa longévité : elle embrasse la majeure partie du 4ème millénaire avant l’ère chrétienne. Dans l’architecture, un nouveau matériau entre en scène : la brique ovale est abandonnée en faveur d’une brique rectangulaire et plate, obtenue au moule, et qu’on utilise encore de nos jours. Les quartiers du village, traversés par d’étroites ruelles sinueuses, délimitent les propriétés. Les murs extérieurs des maisons, pour faire jouer la lumière et l’ombre, s’ornent de saillants et de rentrants ; leurs fondations se montent parfois en pierres sèches. La porte reste la même, basse et étroite, ne dépassant guère 80 à 90 centimètres de haut ; la fenêtre reste est connue, elle donne généralement à la ruelle. Pour protéger la maison contre l’humidité, de gros tessons de poterie sont encastrés dans les murs. La décoration intérieure continue à être de couleur rouge, mais la peinture blanche fait aussi son apparition. Les morts, toujours enfouis sous le sol des chambres, les membres ramenés vers l’abdomen et les os portant des traces de peinture ocre, sont accompagnés d’un mobilier funéraire de plu en plus nombreux.

Un progrès décisif, dont l’homme moderne profite encore, est réalisé dans l’industrie du potier et : le tour est inventé ainsi que le four à sole. Fort de son outillage perfectionné, le potier de cette époque offre à sa clientèle une grande variété de formes de vases qu’il orne de riches dessins jamais connus auparavant. De grands gobelets voisinent avec d’élégants calices, des jarres à provisions que le potier sait régler selon son désir, varient entre le gris, le rose, le rouge et le vert, et la peinture qui en décore les parois dépasse en richesse et en variété les formes ou les couleurs des vases. Au début, c’est au réalisme que l’artiste marque sa préférence : le serpent, la panthère, le mouflon, l’ibex, l’échassier, l’autruche, disposés en file indienne ou en métopes, savamment dessinés, expriment le naturalisme qui, toutefois, diffère profondément de celui qu’on connaissait auparavant. Le corps de l’animal n’est plus exprimé par un simple trait : le volume est observé et la reproduction du modèle est de proportions équilibrées ( fig.9 ). Puis la stylisation réapparaît, la queue de l’animal s’allonge, les cornes deviennent démesurées de même que le cou des échassiers ( fig.10 ) ; bientôt on ne verra que la corne décrivant un cercle, posé sur un corps minuscule ( fig.11 ) ou un corps de panthère en triangle ( fig.12 ). L’art, revenant aux formules du passé, suit néanmoins une voie différente, il est moins spontané, plus ordonné et réfléchi. Plus tard, répondant à la nécessité toujours vivante de changement, on voit de nouveau s’imposer le réalisme, qui est plutôt un néo-naturalisme débordant de vie et de mouvement. Les scènes de chasse alternent avec des paysages où évoluent des bêtes en lutte ; on y rencontre tantôt un chasseur bandant son arc, un paysan menant son bœuf par un anneau passé dans les naseaux, tantôt une théorie de danseuses exécutant une danse sacrée ( fig.13 ). Pendant plus du millénaire que durèrent les trois premières phases de la vie de l’homme préhistorique installé dans la plaine, jamais l’artiste ne sera confiné dans la formule acquise, mais, profondément attaché à ce décors, il le change sans cesse. Puisant dans ses propres ressources, plein de dynamisme, cet art se renouvelle et se transforme, sa force et sa continuité lui permettent de rayonner loin au-delà des limites naturelles du Plateau.

Cette peinture est celle de l’image plus ou moins réelle de la vie qu’observe l’artiste autour de lui et qu’il reproduit sur le vase, ou cache-t-elle déjà le désir d’exprimer, par ces signes et ces symboles variés et très nombreux, une pensée ? bref, est-elle déjà l’écriture, comme on est parfois enclin à l’interpréter ? Nous ne chercherons pas à résoudre ce dilemme. Nous soulignerons, toutefois, que cette période florissante de la céramique peinte du Plateau correspond, vers sa fin, à un moment où, dans la plaine voisine de Mésopotamie, l’homme réalisera une de ses plus merveilleuses découvertes, l’écriture. Faut-il croire que l’inventeur de celle-ci a pu être inspiré par l’art imagé de l’artiste du Plateau qui mettait devant ses yeux des images et des symboles tout faits ? Quoi qu’il en soit, reconnaissons que cet art fut une étape préparatoire à l’écriture pictographique.

Le potier se double d’un coroplaste, il façonne des figurines de toutes sortes d’animaux, jouets d’enfants peut-être, ou offrandes à une divinité chargée de protéger les troupeaux dont on lui exposait l’image. Nombreuses apparaissent des figurines de la déesse-mère, divinité de la procréation, de la fertilité et de la richesse. Elles sont trouvées, le plus souvent, décapitées, mutilation volontaire qui devait empêcher quiconque de s’en servir après la mort de son possesseur.

L’industrie du métal progresse : le cuivre est fondu et coulé, la variété des objets et leur nombre tranchent sur la phase précédente. Mais l’outillage en pierre reste largement en usage et ne sera remplacé que graduellement par la hache plate ou le celt de cuivre, la houe coulée et munie d’un trou d’emmanchement. On trouve dans les maisons de cette époque des couteaux et des poignards en métal. L’artisan commence la fabrication d’articles de toilette tels que les miroirs, simples disques à bordure légèrement relevée, ou de grandes épingles à tête hémisphérique. Les bijoux deviennent plus variés et leur matière plus riche : à coté des coquilles, cornalines, et turquoises, apparaissent les perles et les pendentifs en cristal de roche, le lapis-lazuli apporté du Pamir et le jade de provenance encore plus lointaine.

L’extension du commerce exige la nécessité d’assurer intacte la livraison des marchandises ou d’affirmer l’authenticité du contenu d’une jarre ou d’un ballot. Bref, pour marquer la propriété, on a recours au cachet qu’on imprime sur une motte d’argile qui scelle le goulot d’une jarre ou s’attache à une corde. La forme du premier cachet reste longtemps la même, rappelant un bouton bombé en pierre muni d’une bélière. La géométrie, qui est prépondérante au début de cet art du graveur d’intailles ( fig.14 ), se double bientôt de sujets représentant des personnages, des animaux, des plantes ou des symboles, dont l’inspiration venait sans doute du décor peint sur les vases, et qui, comme ce décor même, ne sont peut-être pas exempts du sens de l’écriture.

Toutes les branches de l’activité humaine marquent un progrès notable au cours de cette phase de la civilisation du Plateau où l’économie domestique s’épanouit au seuil d’une époque où les sociétés primitives voisines organisaient déjà l’économie urbaine avec la naissance d’agglomérations et de grands centres. S’il en fut ainsi dans la riche plaine de Mésopotamie, il n’en était rien encore en Iran. L’aspect physique du Plateau, dur et sévère, la nature du terrain, la dispersion des oasis et la population clairsemée et peu nombreuse, retardèrent cette évolution en maintenant pendant des siècles encore la société préhistorique dans le stade d’une économie domestique évoluée. La seule exception pour l’Iran sera la région du Sud-Ouest, cette plaine de la Suisiane, prolongement naturel de la Mésopotamie, qui jouira des mêmes faveurs que celle-ci. Là dés le début du 3ème millénaire, se concentrera la vie urbaine et se constituera le premier Etat policé que fut l’Elam.

 

 

 

 

 

Mitra et Mitracisme

 

 

Un très ancien mode de pensée humaine, MITRA, est défini comme l’initiateur de l’ensemble des modes de pensée humaine, qu’ils soient philosophiques, religieux ou idéologiques.

Le dieu de Mitra était le soleil ( MEHR). Ce dieu n’était ni un créateur du mal ou du bien, ni un père dictateur régnant sur l’espèce humaine.

Mehr était considérée comme la source d’énergie pour la terre entière.

On vénérait Mehr, ni par peur ni pour être gratifié d’une place au paradis, mais pour remercier Mehr de l’énergie qu’elle transmettait chaque instant à la terre.

Le dieu de Mitra n’avait pas besoin d’approuver ou de contester l’attitude des hommes. Elle donnait juste l’énergie positive qui menait l’homme vers le bien, celui-ci maître de lui-même et de la terre.

La pensée de Mitra nécessitant de plus amples développements, nous vous présentons l’analyse  qu’en a fait Monsieur Robert Turcuan dans son dernier livre  « MITHRA ET MITHRACISME » :

 

Introduction :

 

« « « La première édition de ce livre, MITHRA ET MITHRACISME est parue en 1981 dans la collection  « Que sais-je », et l’idée de consacrer un volume de cette série à Mithra pouvait surprendre : pourquoi pas à Mercure ou à Venus ?

En fait, il ne s’agit pas seulement d’un dieu parmi d’autres, mais aussi du mithracisme, c’est-à-dire d’une théologie et d’une idéologie qui ont nourri un courant religieux assez puissant et attractif pour s’imposer durant plus de deux siècles à différents milieux de la société romaine, des bords de l’Euphrate à la Bretagne insulaire.

Mithra a une très longue histoire, qui dure encore chez les zoroastriens de l’Inde et de l’Iran. Mais c’est le dieu hellénisé et romanisé qui retiendra surtout notre attention. Il n’a pu conquérir l’Occident qu’en s’intégrant à un système de croyances et moyennant une organisation liturgique qui répondaient à certaines exigences des hommes dans le contexte historique du monde européen et méditerranéen des trois premiers siècles de notre ère. « Si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriaste », écrivait E. Renan. Affirmation exagérée, mais à laquelle l’abondance relative des sites culturels et des trouvailles mithriaques donne une apparence de vérité.

Les études concernant ce culte se sont multipliées dans le courant des vingt dernières années ; il a même été le thème de congrès internationaux. Le présent volume ne prétend pas résoudre les nombreux problèmes posées par les mystères de Mithra, mais il tient compte des interrogations de tous veux qu’intriguent les statues et bas-reliefs dispersés dans les musées, ainsi que les allusions des auteurs anciens, païens ou chrétiens. Plutôt qu’un exposé didactique et simplificateur, j’ai souvent préféré donner au lecteur un état des recherches actuelles et des difficultés soulevées tant par la documentation que par les interprétations antiques ou modernes du mithriacisme. Notre information reste tributaire de l’archéologie, qui nous réserve sans doute bien des révélations !

Mais, on perçoit assez clairement ce qui distinguait le mithriacisme des autres païens ( et même orientaux ) pour en dégager l’originalité foncière et authentique.

Naturellement, cette réédition intègre les principales découvertes qui ont été faites durant la dernière décennie, ainsi que les exégèses qui ont pu renouveler notre vision du mithricisme. Elle est aussi pour l’auteur une occasion de se remettre d’accord avec lui même sur certains points litigieux. C’est pourquoi cinq appendices reconsidèrent quelques données anciennes ou récentes dont l’analyse continue d’être controversée. La bibliographie adonc été remise à jour. Enfin des photographies, plus suggestives et mieux appropriées, remplacent plusieurs des dessins au trait qui illustraient trop sommairement ( et insuffisamment ) l’édition de 1981.

 

Protohistoire de Mithra

 

I. Etymologies :

 

Le sens su nom même de Mithra continue d’être discuté. En védique, mitra signifie  « ami » au masculin, « alliance, amitié » au neutre. L’avestique miora désigne le «  courant ». Depuis A. Meillet, beaucoup admettent que Mithra est l personnification du contrat. En effet, le processus suivant lequel un nom neutre d’abstraction ou d’apparence abstraite devient un nom de divinité est bien attesté ailleurs ( cf. en latin Venus, Fides, Cupido ). Mais les attributions et représentations du Mitra védique comme du Miora iranien dépassent la notion de « contrat », du moins au sens moderne et juridique du terme.

Pourvu d’un suffixe instrumental -tra ( tro : cf lat. aratrum « outil de labour »), l’appellatif mitra serait formé sur le degré zéro ( mi- ) d’une racine mei-/moi- qu’on retrouve dans toutes les langues indo-européennes ( lat. munus/ noenus, communis, mutuus, mutare ; all. Gemeisam ; lituan. maina ) avec l’idée d’échange ( Meillet ). Les pactes d’amitié sont parqués par des échanges de dons qui attestent la bonne volonté réciproque des contractants. D’autres ( Petersson, Güntert, Walde et Pokorny, Scherer, Eilers ) rattachent mitra à une racine mei- signifiant « lier, joindre », qui aurait donc une valeur très proche du sens que retenait Meillet. Plus récemment, W. Lentz  a déchiffré l’idée de pietas en faisant dériver le nom mitra d’une racine ma- signifiant «  mesure, juste mesure », garantie du lien social et familial. Enfin, J. Gonda fait maintenant valoir une autre racine mei-/moi- du sanskrit mayah (« restauration, revigoration ), en glosant quelque peu sur les têtes védiques relatifs à Mitra.

Aucune de ces deux dernières explications n’a sérieusement ébranlé celle de Meillet que retiennent aujourd’hui la plupart des spécialistes, même si le linguiste français eut le tort d’entendre le mot « contrat » de façon restrictive en l’opposant à la notion d’amitié. Mitra « contrat » et mitra « ami » n’illustrent pas un cas d’homonymie accidentelle ( I. Gershevitch ), car il n’y a pas d’amitié sans engagement «  mutuel ». Cette réciprocité fonde un lien, une alliance : prolongement sémantique naturel qui n’a pas lieu d’être isolé de la racine mei-/mo (« échanger »). Le schéma évolutif : « obligation mutuelle ( par échange de dons ) » : « ami, amitié » : « dieu Mitra » est historiquement vraisemblable. La racine mei- «  lier » se confond probablement avec celle qui, par la notion même d’échange, connote l’idée de réciprocité.

Mithra serait donc initialement le garant de la fides, de l’accord qui l’ordre du monde et de la société, c’est-à-dire aussi bien les rapports entre les dieux et les hommes que des hommes entre eux. Cette fonction fondamentale élucide à la fois les représentations védiques et avestiques, voire l’identification ultérieure du dieu avec le soleil ou la lumière. A l’époque romaine, il restera le dieu de la foi que se donnent les contractants de la dexiôsis, serrement des mains, serrement sur le feu de l’autel.

 

II Mitra védique :

 

Dans le texte d’un traité conclu vers 1380 entre le roi hittite Subbiluliuma et le roi de Mitani Mativaza sont invoqués comme témoins et garants de l’engagement pris par le Mitanien les dieux Mitra et Varuna, puis Indra et les jumeaux Nasatya. Cette séquence, qui transcrit théologiquement les trois fonctions de la société indo-européenne, coïncide avec celle qu’on trouve dans la religion védique, et tout donne à penser que ces Aryas de Mitani représentent un rameau des futurs Indiens égaré en Occident.

Mitra et Varuna védiques sont couramment accouplés ( sous la forme du double duel Mitra-Varuna ) comme les deux faces antithétiques et complémentaires de la souveraineté. Mitra en incarne l’aspect juridico-sacerdotal, bienveillant, conciliant, lumineux, proche de la terre et des hommes ; Varuna, l’aspect magique, violent, terrible, ténébreux, invisible et lointain. Cette opposition à l’intérieur d’un même genre n’est pas aussi nette dans les hymnes du Rg Veda que dans les commentaires liturgiques et théologiques qui appartiennent  à une époque postérieure. Mais il n’y a aucune raison solide pour interpréter cette différence en termes d’évolution, ni surtout pour ramener les deux termes de l’antinomie à une quasi-synonymie, comme l’a tenté P. Thième ( en expliquant le nom Varuna comme «  la Parole Vraie », étymologie purement conjecturale et très controversée). Mitra et Varuna garantissent tous deux, en tant que dieux souverains, le rta, c’est-à-dire l’ordre cosmique, religieux et moral. Mais le premier -dieu « ami »- règle les problèmes à l’amiable, par des contacts entre les parties et par leur bonne volonté réciproque : il harmonise et, comme le dit un hymne du Rg Veda ( 3.59 ), il fait « s’arroyer »  ou «  s’entendre les gens » (L.Renou traduit : «  qui hiérarchise les hommes »), tandis que Varuna, dieu « lieur », est le gardien statique et redoutable du rta. Mitra incarne donc quelque chose de la négociation réfléchie, de l’équité. Il est « force délibérante », tandis que Vrauna est « force agissante ». Dans la fonction souveraine, il représente le roi-prêtre  ( il est brahman ) et il a des affinités avec les Vasu, divinités liées à la troisième fonction, alors que Varuna doué du ksatra ( pouvoir de la force ) est mis parfois sur le même plan qu’Indra, dieu guerrier. Aussi a-t-on pu parler ( toutes proportions gardées ) de pouvoirs « spirituel » et « temporel ». De ce point de vue aussi, G.Dumézil a comparé le duo védique à celui des deux premiers rois de Rome, Romulus et Numa, qui correspondraient respectueusement à Varuna et à Mitra.

Pour conclure un accord, il faut offrir une victime blanche à Mitra. Mais curieusement ce dieu sacerdotal qui, dans le mithriacisme romain, donnera l’exemple de la tauroctonie ( ou immolation du taureau ) répugne au sacrifice sanglant. Il refuse d’abord de s’associer aux dieux qui veulent assassiner Soma en alléguant que les taureaux se détourneront de lui et en disant : «  Je suis l’ami de tous ». Pourtant il participe finalement au sacrifice, et H. Lomel a vu dans cette histoire la préfiguration de la tauroctonie : Soma personnifie, en effet, la pluie fécondante qui provient de la Lune et vivifie tous les êtres, comme le sang du taureau tel que les reliefs mithriaque nous le montreront à l’époque romaine. IL est vrai aussi sue le soma est une boisson fermentée ( équivalent du haoma iranien ) et que le roi de Perse s’enivrait qu’une fois que collaborer à l’exécution de Soma, il n’est pas le sacrificateur par excellence ; et Sopma n’est pas un taureau, même s’il a quelque rapport avec la Lune, comme la victime du Mithra gréco-romain.

Il reste que le Mitra védique annonce à certains égards le Mithra hellénique et occidental. Responsable avec Varuna du ciel et de la terre, des révolutions solaires et lunaires, il est plus précisément attentif à la Création et aux créatures terrestres ; il veille sur les communautés humaines, protège ses fidèles, venge l’honnêteté bafouée. Ce dieu secourable du matin lumineux, défenseur de la bonne foi et de la vérité, garant de l’accord qui maintient l’ordre cosmique, rituel et social, qui « soutient le ciel et la terre » (Rg Veda, 3.59 ), n’est pas étranger au futur Mithra sauveur et Kosmokratôr.

 

III. Mithra avestique :

 

Les Gatha qui portent ou reflètent la pensée de Zoroastre se différencient théologiquement des autres parties de l’AVESTA La réforme zoroastrienne  fondée sur un monothéisme moral a éliminé les dieux au profit su seul Ahura Mazdah escorté de six entités, les Amosha Sponta ou «  Immortels bienfaisants ». Mais dans les deux premiers, Vohu Manah et Asha (« Bonne pensée » et « ordre »), se détecte la transcription du vieux duo Mitre-Varuna. Le polythéisme réaffleure dans l’AVESTA récent avec les Yasata, subordonnés comme des « anges » à ces « archanges »que sont les Amosha Sponta, tandis qu’Indra et les Nasatya sont rejetés, dégradés en démons. Parmi les Yazata compte notamment Mithra.

Dans le X°Yasht ( ou « hymne ») qui lui est consacré et qui évoque une situation de géographie politique peut-être contemporaine de Cyrus le Grand ( vers 550-530 av. JC ), on trouve l’expression fossilisées Mithra-Ahura qui est parallèle à la syzygie védique ( la locution Ahura- Mithra n’est qu’une correction faite ultérieurement en fonction de la prééminence d’Ahura Mazdah ). Mais le couple eut la vie dure, puisque les rois perses se croyaient investis, nous dit Plutarque, par un Mésoromasdès où S. Wikander a déchiffré les noms de Mithra et d’Ahura Mazdah,, c’est-à-dire les dieux responsables de la souveraineté. Rituellement, les Achéménides restaient donc fidèles à la plus ancienne théorie indo-européenne.

Cependant Ahura Mazdah prévalait comme dieu suprême et Mithra, tout en lui demeurant lié plus ou moins étroitement, prend un caractère guerrier qui le rapproche de la deuxième fonction. Accosté de Yazata de la victoire, il tend même à prendre la place que tenait Indra dans le système védique. Mais, comme Vohu Manah, il s’intéresse au bœuf, ce qui le tourne vers la troisième fonction. Le Yasht de Mithra invoque en lui le dieu qui « accroît » et qui « épand les eaux », celui qui « fait pousser les plantes » et « donne la vie ». Mithra-dieu du contrat et de l’accord- fait donc le lien entre les différents niveaux de la société, dont il garantit l’ordre, comme le Mithra védique. Son yasht le glorifie comme  « aussi digne de culte et de prière qu’Ahura Mazdah », comme « le souverain….qui donne le bien-être de la Loi et la souveraineté », mais également comme le dieu «  aux vastes pâturages », attentif au bétail et à la fécondité. Or ce protecteur des éleveurs-agriculteurs patronne en même temps ceux qui défendent leur territoire. Lui sacrifient  « les chefs de pays se rendant à la guerre contre les hordes meurtrières ». Mithra « lève les armées…met en train la bataille…brise les bataillons rangés ». Il « fait voler la tête » de ceux qui lui mentent. Il est « le plus victorieux des dieux qui marchent sur cette terre », le « guerrier aux chevaux blancs », « le plus fort des plus forts » qu’Ahura Mazdah  « a établi pour garder tout le monde mobile et veiller sur lui », le dieu « qui garde la création de Mazdah ».

 

Cette annexion du domaine militaire est dans la logique de ses attributions en tant que dieu garant de l’ordre et proche de l’homme, donc défenseur de l’homme. Justicier qui sait tout, pourfendeur du mensonge et soldat vigilant de la Vérité, « donneur de vie », il personnifie une sorte de providence active de tous ceux qui l’honorent par le respect de la loi et du contrat. La loyauté est solidaire de la lumière. Aussi Mithra est-il de l’aurore qui se lève sur le mont Hara ? Le Yasht du soleil ( VI ) s’achève par une invocation à Mithra, le plus lumineux des Yazata. Gardien secourable des créatures, omniscient et victorieux, il a déjà la vocation du dieu sauveur et solaire qui deviendra le deus inuictusdu mithriacisme gréco-romain.

 

 

 

Invention de la banque :

 

D’importantes caravanes traversaient toute l’Asie centrale et s’arrêtaient à Bagdad avant de faire route vers l’Afrique du Nord et les portes de la Méditerranée, jusqu’en Espagne. Les bateaux de l’Empire, dans un constant va-et-vient, reliaient les lointains territoires d’Extrême-Orient, Inde, Chine, Ceylan et Indonésie, au golfe Persique et aux ports de la Mer Rouge. Les navires déversaient sur les quais de Bagdad les richesses de tous les coins du monde : soies, encre, paons, porcelaine, selles et épices de Chine ; rubis, argent, bois de santal, noix de coco, ivoires et teintures de l’Inde. A ces produits s’ajoutaient les céréales et le coton d’Egypte ; les verreries et les fruits de Syrie, la soie et les autres textiles de Perse, les parfums d’Arabie, les perles du Golfe Persique.

Les esclaves et l’or arrivaient d’Afrique ; les drogues , les bijoux de Byzance ; le cuir d’Espagne ; les fourrures, l’ambre, l’ivoire et les sabres de Russie et de Scandinavie. Cette activité économique pratiquée au niveau international fut à l’origine d’une nouvelle profession : la banque, entreprise qui allait atteindre en Islam un degré de complexité que l’Occident ne devait connaître que trois siècles plus tard. Deux sortes de monnaies étaient utilisées : le dinar d’or byzantin, dans la zone occidentale ; le dirhem d’argent persan, dans la zone orientale.

 

 

 

 

 

 

 

Quel monde arabe?

Plutôt les pays arabophones !

 

 

 

De nombreux pays parlant l’arabe aujourd’hui ne sont pas d’origine arabe. En effet, les Arabes existaient, il y a 1400 ans déjà, uniquement dans l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui et quelques petites tribus vivaient séparées et isolées au Yémen. Mais, après la création de l’Islam, toutes les tribus arabes se trouvant dans l’Arabie Saoudite actuelle se sont unifiées et regroupées au sein de l’idéologie islamique, ont attaqué des pays voisins, ont changé leur langue, leur culture et leur religion. Ils ont islamisé et arabisé tous les pays aujourd’hui musulmans ou arabes.

 

Avant de s’éloigner de leur frontière ( l’Arabie Saoudite actuelle ), les Arabes ont massacré et exilé les Juifs du pays et confisqué leurs biens. Ils sont ensuite partis conquérir le monde. Parmi les grandes civilisations de l’époque, il y avait :

 

 

-au Liban, les Phéniciens, avec leur langue, culture et civilisation,

-en Irak, les Perses et Babyloniens,

-en Syrie, les Syriens,

-en Egypte, les pharaons, avec leur grande puissance et civilisations anciennes,

-en Turquie, les Romains,

-en Afrique, les grandes civilisations berbères et éthiopiennes…

-en Iran, Pakistan, Asie Centrale d’aujourd’hui, la grande civilisation perse, vieille de 7000 ans    ( la plus ancienne ).

 

Tous ces pays se sont convertis à l’Islam et leurs grandes histoires et civilisations ont été détruites ou abandonnées. Ils ont maintenant honte de citer leurs cultures et civilisations, autrefois tellement riches par rapport à celles d’aujourd’hui.

 

Certaines de ces grandes civilisations, en acceptant un Islam différent de celui du désert, ont pu sauvegarder une partie de leurs anciennes cultures et civilisations. Parmi celles-ci figurent les Perses, Turcs, Indiens ( d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh….) qui parlent toujours leur langue et n’ont pas, comme tous les pays arabophones d’aujourd’hui, accepté la langue arabe.

 

I l ne faut pas oublier que chaque pays arabophone a un dialecte spécifique qui lui vient de son langage ancien dont n’importe qui ne peut en prononcer correctement tous les mots ou lettres arabes. Par exemple, le langage des arabophones d’Afrique du Nord est tout à fait différent de celui des arabophones du Golfe Persique ou des pays comme la Syrie ou le Liban.

 

Les Perses, qui avaient une grande influence dans l’Islam, ont transmis la couleur et le goût de leur civilisation et de leur culture à l’Islam. Ils ont crée le chiisme et l’alawite où l’on voit que, dans la monarchie persane, dans le cadre de l’Islam, les enfants des prophètes se succèdent les uns après les autres au rang de chef et de roi mais sont nommés imans. Il y en a eu douze mais le douzième a disparu ou s’est caché pour revenir un jour sauver le monde.

 

Cette idée ( idée de messie ) vient de l’ancienne civilisation perse et a été acceptée par les Juifs, Chrétiens et Musulmans qui attendent l’apparition du Sauveur.

 

Tous les grands philosophes, intellectuels et savants de l’histoire de l’Islam ne sont pas arabes mais  soit Perses ou Iraniens ou Nord Africains ou Turcs. Comme le grand médecin AVICENE, le grand philosophe et mathématicien KHAYYAM, le grand philosophe et musicien FARABI, qui a créé les notes de musique, le grand chimiste RAZI ou beaucoup d’autres personnalités comme KHRAZMI, BIROUNI, GHAZALI, de tous domaines scientifiques, tous d’origine perse amis puisque la langue imposée dans le pays colonisé par l’Islam était arabe, les gens étaient obligés d’écrire en arabe. Aucun de ces savants ne venait de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui.

 

 

 

 

Un Goût de la Littérature Persan !

 

 

SA’DI

Une sélection de

« Le Jardin des Roses de SA’DI »

SA’DI, sociologue, poète et philosophe perse

( PIERRE SEGHERS )

 

 

Sa’di, poète perse véritablement renommé et très estimé, sortit, en 1258 après JC, un ouvrage appelé The Gulistân; ou, Roseraie, dont les feuilles, dit-il, ne peuvent être atteintes par la tyrannie du souffle d’automne.

 

 

Quel usage feras-tu d’un plat de roses ?

Prends une feuille de ma roseraie,

Un fleur ne dure que cinq ou si jours,

Mais cette roseraie rets toujours aussi enivrante.

 

 

Et cela s’est vérifié. Cet ouvrage se lit avec admiration et ravissement tant en Asie qu’en Afrique, tandis qu’en Europe il fut traduit en latin, anglais, français, allemand et en hollandais.

Un étudiant en Persan s’intéresse vivement à cet ouvrage car il constitue la traduction naturelle et véritable d’une langue orientale ; tandis que pour un étudiant du monde, il donne une bonne représentation des idées de ce grand auteur et de la manière dont elles impressionnent ses lecteurs et ses auditeurs, les premiers, à l’Est, étant aussi nombreux que les seconds. En Perse et dans d’autres pays orientaux où le Persan se parle et se comprend, des citations de Sa’di sont constamment utilisées en société et couramment entre les gens. A de nombreuses reprises , une allusion toute prête ou appropriée à cet auteur talentueux ou une citation d’un de ses ouvrages, a sauvé des vies ou rempli des portes-monnaies.

Sheikh Muslih-uddin Sa’di Shirazi est né à Shiraz vers 1193 après JC, et après ses études à l’université de Baghdad, devint un derviche et un grand voyageur. Sa vie peut-être divisée en trois parties : la première, son enfance et ses études ; la deuxième, ses voyages ; et la troisième, ses travaux littéraires à Shiraz, où il se construit un ermitage, s’installa et travailla là-bas jusqu’à sa mort en 1291 après JC.

Sa’di a laissé de nombreux ouvrages littéraires : des poèmes, odes, élégies, versets, anecdotes, maximes, fragments, discours et essais. La grande beauté de son style, réside dans son élégante simplicité. Son imagination est plus sobre que les élans érotiques de Hafiz ou que les mysticismes de Jalal-Uddin Rumi, alors que l’on retrouve de nombreux sentiments, bons, utiles et nobles, dans tous ses travaux.

Sa’di fut appelé, par un confrère, « Le rossignol des bosquets de Shiraz ». Les savants européens apprécient et admirent depuis longtemps son style, son langage et ses intelligentes et considérables comparaisons, tandis qu’une admiration pour ses talents a fait que son nom fut ajouté à une famille de France qui fut récemment très remarquée.

Cet ouvrage a été habilement et fidèlement traduit. Son étude servira, pas seulement une mais plusieurs fois. En effet, plus cet ouvrage sera lu, plus le lecteur sera impressionné par la vérité de Sa’di, sa sagesse et ses connaissances sur les humanités.

 

 

Nous avons donné conseil comme nous devions,

Avons consacré notre vie à la tâche.

Même si cela devait créer le désir à l’oreille de quiconque,

Le messager a raconté son histoire ; cela suffit.

 

Les fils d’Adam sont membres d’un même unique corps

Car, dans la création, ils ont même nature

Et, lorsque l’infortune jette dans la douleur

Un membre, il n’y a plus de repos pour personne !

O toi, toi sans soucis de la peine d’autrui

Tu ne mérites pas d’être appelé un homme.

 

Qui ouvrira sur la porte des largesses

Ne peut plus espérer qu’il la pourra claquer !

 

Auprès d’une eau saumâtre as-tu vu se grouper

Pèlerins altérés qui marchent vers la Mecque ?

Mais tu verras toujours hommes, oiseaux, fourmis

Se réunir autour d’une source d’eau pure.

 

L’oiseau vole vers le grain,

S’en vas d’où il n’y a rien.

 

Refuse l’argent au soldat

Il te refusera ses armes.

 

Les faveurs du monarque sont interdites à l’homme

Qui ne sait pas choisir le moment favorable.

Tant que tu ne tiens pas l’occasion de parler

Ne réduis pas à rien l’estime qu’on te porte

En disant des choses futiles.

 

Sot qui brûle la bougie

Aussi blanche que le camphre

Quand brille au dehors le jour.

Durant la nuit il n’aura

Sans aucun doute, plus d’huile

Pour alimenter sa lampe…

 

Homme puissant, toi qui tourmentes tes sujets

Jusqu’à quand ce marché resteras-t-il prospère ?

A quoi te sert ton règne et l’empire du monde

Pour toi, mieux vaut mourir que de vivre en bourreau.

 

J’ai vu dormir au milieu du jour un homme injuste

Et j’ai dit : « Cet homme est une calamité, qu’il dorme donc

L’homme dans son sommeil vaut mieux que dans sa veille

Et, de tout, il vaut mieux que meure le méchant. »

 

Il n’y a point dans l’univers

Un seul instant plus agréable

Que celui-ci,

J’oublie le bien, j’oublie le mal

Et ne me soucie de personne…

 

O toi

Qui n’as pas ton pareil en ce monde, en puissance,

Je comprends que tu n’aies aucun souci pour toi

Mais, pour nous ?

 

La main des généreux est une main percée

Dans le cœur d’un amant la patience s’enfuit

Or et patience, autant garder l’eau dans un crible.

 

Et générosité en sont les clés. L’esclave

Que tu as maltraité s’enfuit avec sa chaîne

Et son anneau. Crois-moi, exerce ta bonté

Et même l’étranger voudra se faire esclave.

 

Par l’armée, le sultan s’assure de son règne

Ecoute mon conseil : prends bien soin de l’armée.

 

Celui qui a pour loi le goût de la violence

Ne peut pas plus régner qu’un loup sur un troupeau.

L’injuste souverain qui creuse des cachots

Rase les murs de sa puissance.

 

Si envers ses sujets un roi se fait injuste

Même dans l’infortune, un ami deviendra

Un ennemi pour lui. Fais la paix chez les tiens

Et ne sois pas inquiet s’il te vient la guerre

Tes sujets se feront ton armée, juste roi !

 

Hélas ! ma chère vie s’est passée dans l’espoir

Que mes plus chers projets verraient enfin le jour.

Ma vaine longue attente a été exaucée

Mais quel profil pour moi, puisque l’espoir est vain

Que ce fut ma vie revienne.

 

De sa main, le destin a frappé la timbale !

Il faut partir, ô mes deux yeux, à votre tête dites adieu

O paume de ma main, ô poignets, ô mes bras

Faites-vous vos adieux ! La mort que me souhaitaient mes

Ennemis m’arrive

Et vous, ô mes amis, passez votre chemin.

Mon temps s’est écoulé sans que j’y prenne garde

J’étais ignorant

Mais vous, je vous en prie, n’oubliez pas : veillez !

 

Serviteurs de la poussière de cette porte dont le derviche et

Le puissant

Ceux qui sont les plus riches sont les plus demandeurs….

 

A quoi servent le froc , le chapelet, l’habit en loques

Garde-toi pur, ne fais pas le mal, sois généreux.

A quoi bon te coiffer d’un bonnet de peau brute

Porte un bonnet tartare et sois un vrai derviche.

 

Je n’est pas de chameau, je n’ai pas de fardeau,

Ni maître de sujets, ni d’un sultan l’esclave,

Je n’ai rien, ni soucis d’argent ou d’indigence,

Je respire en repos, je trouve la vie belle….

 

Un homme au chevet d’un malade

Se lamenta toute la nuit.

Le premier était mort à l’aube

Et le malade fut guéri….

 

O combien de chevaux à la course légère

N’arriveront jamais

Tandis que tout boiteux, l’âne à son ânerie

Bien vivant, parviendra.

Et combien d’hommes sains, à la santé parfaite,

Sont-ils ensevelis

Alors que les laissés pour morts vivent encore…

 

Je suis cette fourmi que l’on écrase, non la guêpe

Dont le dard fait hurler. Et comment m’acquitter

Envers Dieu de sa grâce ? Il ne m’a point offert

La force et le pouvoir de tourmenter les hommes.

 

Je ne vis que de pain et d’eau et n’ai qu’un froc

Je préfère porter le poids de ma misère

Que d’être obligé tout chargé de fardeaux.

 

Recoudre des haillons, se tenir dans le coin

De la patience, vaut mieux qu’écrire des requêtes

Pour quémander sa robe aux marchands. C’est enfer

D’aller en paradis sur les jambes des autres !

 

Lorsque le souverain de l’amour est venu

La bras de l’abstinence a perdu toute force.

Celui qui jusqu’au cou dans le bourbier se voit

Comment pourrait-il vivre avec sa robe propre ?

 

Quand ton or n’entre pas dans l’œil de ton amour

La poussière et ton or te paraissent semblables !

 

O mes amis, ne m’adressez pas de conseil

Mon œil n’épie que son plaisir. Dans les combats

L’épaule et le poignet du guerrier font la loi

Ils tuent. Et moi, je meurs de la main que j’adore.

 

Toi qui ne penses qu’à toi-même, ne te prévaux pas d’être

Amant

Si parvenir près de l’ami est impossible

L’autre ami se devra de mourir, le cherchant.

 

Je m’en vais. Je n’ai plus à choisir ici d’autre parti

Et dût mon ennemi me cribler de ses flèches

Dût-il de son épée me tuer, si ta main

Peut saisir le plan de sa robe, je rendrai grâce !

Sinon, je m’en irai sur son seuil, expirant….

 

-Douleur ! Le médecin ordonne l’aloès

L’âme ardente espérait médecine plus douce…

Un beau garçon dit une fois en grand secret

A celui qui perdait l’empire sur lui -même :

Tant que tu garderas quelque estime pour toi

A tes yeux, quelle estime aurai-je ?

 

Celui qui m’a tué est revenu vers moi

Son cœur aurait-il eu pitié de sa victime ?

 

Quand bien même tu saurais par cœur tout le Coran

Si l’amour s’empare de toi, tu n’en connais plus une lettre.

 

Il est prodigieux que je conserve l’existence

En même temps que toi.

Tu es venu pour me parler et, ô prodige !

La parole me reste encore…

 

L’homme qui ne meurt pas sur le seuil de la tente

De son ami, c’est par prodige

Et c’est un prodige de savoir

Comment l’homme vivant maintient son âme saine et sauve.

 

Une querelle entre deux hommes est comme un feu

N’apporte pas du bois au feu par tes paroles

S’ils allaient faire la paix, tu resterais

Pour chacun d’eux bouc émissaire, couvert d’opprobres.

Donc, entre deux personnes n’allumes pas le feu

Tu t’y consumerais.

 

Lorsque tu parles à tes amis, veille à n’élever point la voix

Ton ennemi mortel peut-être peut t’entendre,

Si tu parles devant un mur, fais attention

A l’oreille tendue qui, derrière, t’écoute.

 

Homme sage et prudent, renonce à cet ami

Qui, chez tes ennemis, s’en va planter sa tente.

 

Ne sois pas rude envers les hommes pacifiques

Ne combats pas qui vient vers toi, heurtant la porte de la

Paix.

 

Quand la main n’obtient rien en usant de la ruse

Il lui devient permis de saisir son épée.

 

Quand tu vois ton ennemi dans l’impuissance, ne sois pas

Fier, et ne vas pas, moustache au vent !

Dans chaque os il y a de la moelle, et un homme

Vit toujours sous chaque chemise….

 

Adam est né de la poussière. Il ne convient pas à ses fils

De nourrir en leur sein la violence et le vent !

Dans chaque os il y a de la moelle, et un homme

Vit toujours sous chaque chemise…

 

Adam est né de la poussière. Il ne convient pas à ses fils

De nourrir en leur sein la violence et le vent.

O être impétueux, orgueilleux, obstiné, obstiné

Du feu serais-tu né, plus que de notre terre ?

 

Dans la contrée de Beilékan, je rencontrai un religieux

Je lui dis : « instruis-moi, lave-moi de mon ignorance.

-O docteur, ne répondit-il, comme la terre, sois patient,

Ou bien, ensevelis tout ce que tu as lu . »

 

Si le méchant tentait d’escalader le ciel

Pour échapper enfin au mal qui le déchire

La main qui le poursuivrait toujours.

 

Va, assieds-toi tranquille entre tous tes amis

Quand, chez tes ennemis, la zizanie prospère.

Mais quand ils sont d’accord, alors bande ton arc

Amasse des cailloux, élève des murailles !

 

Si l’ennemi est victorieux, le serpent meurt,

Et l’ennemi est mort si le serpent l’emporte !

 

Celui qui sera perdu dans le combat

Aussi faible qu’il soit, s’il renonce à la vie

Peut arracher sa moelle au lion, par l’énergie du désespoir.

 

O rossignol, porteur de la bonne nouvelle

Annonce le printemps et laisse à la chouette

Les funestes présages.

 

La nuit obscure des amis de Dieu resplendit comme un jour

Brillant

Ce bonheur ne s’obtient pas par force : Dieu, qui le dispense,

Seul l’accorde.

 

Auprès de qui plaindre de Toi, puisqu’il n’y a pas d’autre

Juge ?

Tu es le pouvoir absolu et nul autre n’est plus puissant

Celui que Tu diriges ne déviera pas de Ta route

Celui que Tu égares, qui donc alors le guidera ?

 

La joie qui naît après la peine

Vaut mieux que peine après la joie.

 

Si mes pensées pour Toi sont devenues indignes

Ne renonce pas à Tes propres grâces pour autant.

 

Si les créatures ( ce qu’à Dieu ne plaise !)

Connaissent les desseins, les faiblesses, fautes

Personne désormais ne serait à l’abri

Des attaques des autres.

 

L’espérance de l’aliment vaut mieux que l’aliment lui-même

Disent les avares, qui ne mangent pas et repoussent manger

A plus tard.

Mais, de ton ennemi, les vœux seront comblés :

Un jour, l’or restera et, toi, tu seras mort.

 

Chaque bras, sûr de sa vigueur, qu’il ne rompe pas la main

Des faibles

Qu’il ne déchire pas leur cœur : que serais-tu contre un

Tyran ?

 

 

 

 

 

 

HAFEZ (HAFIZ)

 

 

Hafiz est un grand poète iranien du XIVe siècle, né à Shiraz.

Ses poèmes constituent toujours des paroles sacrées. C4est un home mondialement connu dont les poèmes sont traduis en plusieurs langues. Hafiz est une personnalité rationnelle humaine et populaire qui a combattu le clergé.

On trouve son recueil de poèmes dans tous les foyers persans sans exception. DE plus, pour la majorité des Perses, Hafiz est considéré comme une personnalité charismatique dont les poèmes soulagent les gens et leur donnent l’espoir et la tranquillité.

Plusieurs chanteurs et chanteuses ont interprétés ses paroles et son tombeau à Shiraz est devenu un lieu saint pour les amoureux.

 

L’AMITIE :

 

Avec nos louanges, offrons l’encens de l’amitié à l’homme dont l’œil déborde de lumière !

Que la clarté d’un cœur pur brille comme le flambeau qui éclaire la cellule du dévot de l’amour.

Je ne vois plus à mes cotés celui qui fut mon compagnon. Mon cœur est meurtri de tristesse. ET l’échanson, où est-il ?

Où se vend le vin qui pourrait vaincre l’hypocrite ? Mon cœur est plein d’angoisse et d’amertume.

Mes compagnons ont à ce point déchiré le pacte de l’amitié que je doute de son existence.

Si mon cœur brisé pouvait un jour atteindre ses désirs, il ne chercherait pas un baume dans tous ces cœurs de pierre.

Veux-tu posséder l’alchimie du bonheur ? Vis à l’écart des mauvais compagnons.

Hafiz, ne te plains pas des cruautés du temps, esclave, que sais-tu de ce que fait ton Maître ?

 

LES LARMES :

 

Hélas ! tu es partis ! Je souffre et je me plains. Je pleurs car le vent ne te porte pas l’écho de mes soupirs.

Jour et nuit, je bois mes larmes. Comment pourrais-je sourire quand tu es loin de moi ?

Le malheureux Hafiz est noyé dans les flots amers de ses souvenirs, mais tu n’as aucun souci de ton esclave au cœur brisé.

 

LE DERVICHE ( darvish ) :

 

Comment manifester ta gratitude au ciel qui t’es secourable ? Par quel tribut ? Par quelle offrande ?

Dans la rue qu’habite l’Amour, la splendeur des Rois n’est que vanité. Avoues ton esclavage et sois fier d’être captif.

A celui qui tombait et que Dieu retient par la main, dis : « Que ton rôle soit de partager les tristesses de ceux qui sont tombés ».

Et toi, Saghi, franchis mon seuil. Doux messager, chasse un instant de mon cœur les soucis dont l’accable el monde.

Que de dangers sur la route royale des dignités et des grandeurs ! Il est bon de n’y faire que de rares voyages.

La pensée du Sultan ne s’occupe que d’ennemis, de conquêtes et de couronnes. Les pensées du Derviche sont le calme du cœur et la paisible retraite du calender.

Laisse-moi te confier un secret : la paix vaut mieux que le pouvoir.

Hafiz, ne lave pas ton visage pour enlever la poussière qu’y amasse la pauvreté paisible ; cette poussière vaut mieux que le pouvoir.

Hafiz, ne lave pas ton visage pour enlever la poussière qu’y amasse la pauvreté paisible ; cette poussière vaut mieux que l’or de l’alchimiste.

 

LA BONNE EPREUVE :

 

L’amour que tu as connu feras ta joie. Ainsi en a décidé le Destin.

En te mettant à l’épreuve, le Temps a voulu marquer ton cœur au sceau de l’abnégation et du courage.

Souviens-toi que le livre sacré n’est exalté par dessus tous les livres que parce qu’il a subi lui-même l’épreuve du temps.

 

LE GARDIEN DU VOILE :

 

Quelle beauté au monde vaut celle d’un jardin où sourit le printemps ? Mais où est l’échanson ?

Dis-moi, pourquoi tarde-t-il à venir ?

Chaque minute de joie donnée par ta main bénie, ô amour, dépasse tous les trésors. N’en laissons perdre aucune. Peut-être que la dernière est proche.

Le lien de notre vie est plus frêle qu’un cheveu. Sers-toi de ton intelligence, sois pour toi même ton meilleur ami. Qui donc pourra te blesser ?

Un fleuve de vin, les jardins de l’Iran, qu’est-ce, sinon le délice des eaux vives et le plaisir de l’ivresse !

Que révèlent les cieux muets du secret caché derrière le voile ? O disputeur, pourquoi lutter avec le gardien du voile ?

Si, pour l’esclave enveloppé d’erreur ou plein d’ignorance, n’existe pas une justice céleste, que signifient les mots de pardon, et de pitié du Tout-puissant ?

Le dévot a soif du vin de Kausar, Hafiz a soif de la vie. Entre les deux, quel est le choix du Créateur ?

 

 

 

Omar Khayyam

Grand mathématicien

 

 

Astrologue et philosophe, vivait il y a déjà 900 ans en Perse.

Il est connu mondialement grâce  à ses quatrains qui ont imposé sa prose à travers le monde.

L’on disait qu’Omar Khayyam croyait en la réincarnation. Sa pensée d’Eternité de l’âme et de l’esprit fut retranscrite plus souvent dans ses recueils de quatrains, plutôt que dans ses livres de mathématique, astrologie ou algèbre. Au travers de ces quatrains, on découvre un message rationnel de joie et de profit positif de la vie.

 

 

 

 

 

QATRAINS DE

OMAR KHAYYAM

 

 

O cœur, puisque en ce Monde, au fond tout est chimère,

Pourquoi tant de soucis devant ce long calvaire ?

Obéis au Destin et supporte le mal,

Car la plume ne peut revenir en arrière.

 

Quand l’arbre de ma vie, écroulé dans l’abîme,

Sera rongé, pourri, du pied jusqu’à la cime,

Lors, si de ma poussière on fait jamais un pot,

Qu’on l’emplisse de vin, afin qu’il se ranime !

 

Buvant dans une coupe énorme, sans pareille,

Je me croirai très riche en vidant la bouteille,

Alors, répudiant la Raison et la Foi,

J’épouserai la fille exquise de la treille !

 

C’est une coupe d’art. La Raison tour à tour

L’admire et sur son front met cent baisers d’amour.

Mais le Temps, fol potier, prend cette coupe fine

Qu’il a faite, et s’amuse à la détruire un jour.

 

Bois du vin : il soustrait le cœur à bien des peines,

Comme aux soixante-douze ordres, avec leurs haines ?

Allons, ne t’abstient pas d’un élixir pareil

Dont tant soit peu guérit les maux par centaines.

 

Amuse-toi ! D’avance on régla ton destin

En marquant pour tes vœux in mépris souverain.

Vis donc joyeux ! Hier, sans que tu le demandes,

On a déjà fixé tes actes de demain.

 

Faites-moi dans du vin l’ablution dernière ;

Sur mon corps, en buvant, récitez la prière.

Venez donc, chers amis, au Jour du Jugement,

Au seuil de la taverne, y chercher ma poussière.

 

Viens ; prends la coupe et laisse à Mahmoud son empire.

Les beaux chants de David, entends-les sur ma lyre.

Hier n’est plus demain n’est pas là, vis joyeux

Maintenant, car le but de la vie est le rire.

 

Lève-toi, voici l’aube, ô toi qui nous rends fous,

Pince la harpe et bois du vin, tout doux, tout doux.

Ceux qui dorment encore n’en seront point fâchés ;

Ceux qui s’en vont jamais ne reviendront vers nous.

 

Qu’est ce donc que ce Monde ? Un Séjour Provisoire

Où sans cesse le jour succède à al nuit noire.

Cent rois comme Djamschyd y vinrent tour à tour,

On y vit cent Bahram mourir en pleine gloire.

 

Vois ! DE nouveau sur l’herbe un nuage est en pleurs.

Pour vivre il faut du vin aux charmantes couleurs.

C’est nous qui contemplons aujourd’hui ces verdures ;

Ah ! Qui contemplera sur nos tombes les fleurs ?

 

Chaque tuliperaie, ici-bas, autrefois,

Fut sans doute arrosée avec le sang des rois,

La feuille de violette, un jour, avant de naître,

Fut un grain de beauté sur un divin minois.

 

Tant que tu vis, crois-moi, ne cherches pas en vain

A jamais faire un pas en dehors du Destin.

Dédaigne l’ennemi, fut-ce Rustem lui-même

Vers l’ami, fut-ce Hatem, ne tends jamais la main.

 

J’ai vu chez un potier, dans de vastes espaces,

Deux milles pots, les uns muets, d’autres loquaces

A son voisin un pot disait « Où sont allés

Le potier, l’acheteur et le vendeur rapaces ? »

 

Nous ignorons tous deux les secrets absolus.

Ces problèmes jamais ne seront résolus.

Il est bien question de nous derrière un voile ;

Mais quand il tombera, nous n’existerons  plus.

 

Comme une boule, au gré de la Fatalité,

Roule à droite et tais-toi, quoique à gauche jeté,

Pauvre homme, car celui qui t’amène en ce Monde,

Lui seul, Lui seul, Lui seul connaît la vérité !

 

Hier, au bazar, je vis un potier qui, fébrile,

De nombreux coups de pieds frappait un tas d’argile

Et cette boue, alors, s’est mise à murmurer :

« Las ! J’étais comme toi, laisse-moi donc tranquille ! »

 

Si !, comme Dieu, j’avais en main le Firmament,

Je le démolirais sans doute promptement,

Pour bâtir à sa place, enfin, un nouveau Monde,

Où pour les braves gens tout viendrait aisément.

 

Nous amusons le Ciel, pauvres marionnettes !

(Sans nulle métaphore, oh, les choses sont nettes !)

Un à un nous rentrons au coffre du Néant,

Après avoir joué, sur terre, nos saynettes.

 

Le livre des beaux jours, hélas ! finit trop vite

Déjà le doux printemps d’allégresse nous quitte.

Cet oiseau de gaîté dont Jeunesse est le nom,

Je ne sais quand il vint, ni quand il prit la fuite.

 

La nuit a dans sa robe un trou de clair de lune.

Bois du vin : ON n’a pas toujours cette fortune.

Sois heureux et jouis : après nous bien des fois.

La lune éclairera nos tombes une à une.

 

Beau dessin de la coupe, oh ! qui t’a composé ?

A t’effacer qui peut se croire autorisé ?

Las ! quel amour créa ces pieds, ces mains, ces têtes,

Et par quelle fureur tout cela fut brisé !

 

Je boirai tant et tant qu’une odeur de vin fort

Sortira de la tombe où dormira mon corps,

Et que les gens passant tout près du cimetière,

S’ils sont à peine gris, tomberont ivres morts.

 

Après avoir sculpté les êtres, mains divines.

Pourquoi donc brisez-vous ces pauvres figurines ?

Sont-elles sans défaut ? Pourquoi donc les casser ?

Est-ce leur faute enfin de n’être pas assez fines ?

 

Ils sont passés les jours d’une existence vaine,

Comme l’eau du ruisseau, comme un vent sur la plaine,

Un jour est déjà loin, l’autre n’est pas encore,

Pour ce double néant pourquoi me mettre en peine ?

 

Ni les actes -mauvais ou bons - du genre humain,

Ni le bien, ni le mal que nous fait le Destin,

Ne nous viennent du Ciel, car le Ciel est lui-même

Plus impuissant que nous à trouver son chemin.

 

Khayyam, ayant l’ivresse et point d’ennui- sois gai.

Près d’une exquise idole étant assis, -sois gai.

Tout devant aboutir au néant dans ce monde,

Dis-toi que tu n’es plus ; puisque tu vis, sois gai.

 

Dans l’immeuble Univers à l’invisible pôle,

Bois gaiement : car chacun du mal verra la geôle.

Et quand viendra ton tour de souffrir, reste calme :

C’est un verre où chacun doit boire à tour de rôle.

 

Cet Univers, où seul le vertige gouverne,

Rappelle en vérité la magique lanterne.

La lanterne est ce Monde et Phébus le foyer ;

Les hommes des dessins qu’un grand effroi consterne.

 

Hier, au cabaret, je rencontrai soudain,

Un vieux qui sur son dos portait un pot tout plein.

Je lui dis : «O vieillard, songe à Dieu, quelle honte !»

Il répondit : « Espère en Dieu, va, bois du vin ! »

 

Vois fuir la caravane étrange de nos jours.

Prends garde ! Ne perds pas ces doux moments si courts !

En chanson, laisse donc nos misères futures ;

Donne la coupe, allons ! La nuit passe ! Au secours !

 

Hier est déjà loin ; à quoi bon y penser ?

Demain n’est pas venu ; pourquoi gémir d’avance ?

Laisse ce qui n’est plus ou qui n’est pas encore ;

A l’instant même prends ta part de jouissance !

 

Comme moi, cette cruche un jour fut un amant,

Esclave de cheveux de quelque être charmant.

Et l’anse que tu vois à son col attachée,

Fut un bras qui serrait un beau cou tendrement.

 

Vidant avidement la cruche, j’ai tenté

D’apprendre les secrets de la longévité.

Et la cruche m’a dit : «  Bois donc du vin sans cesse.

Nul ne revient au Monde après l’avoir quitté. »

 

Le ciel à mon oreille a dit en grand secret :

« Ne m’impute donc pas ce que le Destin fait.

Si dans mon tournoiement j’avais un mot à dire,

Mon tour de vagabond serait-il ce qu’il est ? »

 

J’étais un épervier. D’une étrange contrée

Je m’envolai, croyant atteindre l’Empyrée.

Or, je n’ai pas trouvé l’âme sœur ici-bas

Et je suis ressorti par la porte d’entrée.

 

D’aucuns cherchent en vain à définir la Foi,

Et d’autres, pris de doute, ont l’âme en désarroi,

Mais soudain va surgir un messager céleste

Disant : « Pourquoi ces deux fausses routes pourquoi ? »

 

A boire ! Car mon cœur en cendres se réduit

L’existence, pareille au vif-argent, s’enfuit.

Viens au secours ! Le vin enflamme la jeunesse,

Et la fortune vient, quand on s’endort, sans bruit.

 

En chanson, les humains qui sont partis avant,

Dorment sous la terre, eux si fiers de leur vivant.

Va boire, Ecoute un peu cette vérité claire :

Tout ce qu’ils nous ont dit, mais tout, c’était du vent !

 

Bois du vin, sous la terre, un jour, tu dormiras.

Sans aucun compagnon, sans femme dans tes bras,

A personne ne dis ce secret formidable :

Coquelicot fané ne refleurira pas.

 

Nos amis ont fini par disparaître tous,

Ayant de la mort affronté le courroux.

Buvant du même vin au banquet de la vie,

Ils se sont enivrés quelques tours avant nous.

 

Vois l’herbe dont le bord du ruisseau s’agrémente.

On dirait le duvet d’une lèvre charmante.

Ne pose pas tes pieds sur l’herbe avec dédain,

Par là le sol était un visage d’amante.

 

Au palais où régnait Bahram, le grand monarque,

Le Lion se prélasse et la Gazelle parque.

Barham prenait l’onagre au moyen d’un lacet ;

Vois donc comme il fut pris lui-même par la Parque.

 

On me dit : « Qu’elle est belle, une houri des Cieux ! »

Je dis, moi, que le jus de la treille vaut mieux.

Préfère le présent à ces bonnes promesses :

C’est de loin qu’un tambour paraît mélodieux !

 

Prends gobelets et cruche, ô toi, charme complet,

Promène-toi sur l’herbe au bord du ruisselet ;

Car le ciel a changé le corps de tant de belles

Cent fois en cruche et puis cent fois en gobelets

 

Qu’il fait bon ! Point de froid ni de lourdes chaleurs.

Dans le parc, un nuage épousette les fleurs.

Et le rossignol dit au pâles roses jaunes :

«  Il fait boire du vin aux charmantes couleurs ! »

 

Dés l’aube, à la taverne une voix me convie,

Disant : «  Folle nature au plaisir asservie,

Lève-toi, remplissons notre coupe de vin,

Avant qu’on ait rempli la coupe de la vie ! »

 

Le soleil à dressé l’échelle du matin.

Le roi du jour a mis dans sa coupe de vin.

Bois donc : tel un héraut, à l’aube, à travers le Monde

Répète ces deux mots comme un ordre divin.

 

 

MOWLANA

 

 

 

Djalâl-od Dîn RUMI (1207-1273), fondateur de la célèbre confrérie soufie, connue en Occident sous le nom de «  Derviche-tourneurs », est à la fois un grand maître spirituel désigné dans tout l’Orient comme «  Mawlânâ », le maître par excellence, un poète, un philosophe, et aussi un voyant : ne parle-t-il pas-au Moyen Age !-des dangers de la fission nucléaire et de la pluralité des mondes ?

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : « Odes mystiques », « Quatrains », «  Le Livre du dedans » : tous reflètent son amour de la beauté, sa nostalgie du divin. Son œuvre principale, le Mathnawî, vaste théodicée, qui constitue le plus profond commentaire ésotérique du Qor’ân, est encore lue et méditée dans tous les pays de l’Islam presque à l’instar du Livre saint lui-même.

 

Le Mathnawî de Djalâl-od-Dîn Mohammad  Mawlawî de Balkh, célèbre en Occident sous le nom de Rûmî, surnommé Mawlânâ (Notre Maître), l’un des plus grands génies mystiques de tous les temps, est sans conteste l’un des sommets de la littérature universelle et, pourrait-on dire, l’un des livres sacrés de l’humanité.

C’est une œuvre monumentale de cinquante et un mille vers. Une somme spirituelle, une comédie humaine et divine, l’apogée de la poésie mystique musulmane, une œuvre à laquelle ne manque aucun élément nécessaire à une étude généra         le sur la vie, la pensée et l’origine de l’être humain.

 

Né à Balkh, dans le Khorassan en 1207 ( 504 de l’hégire ), Djalâl-al-Dîn Mohammad fut ultérieurement surnommé Mawlawî Khodâvandegâr et Mawlânaâ deRûm. Depuis le IXème siècle de l’hégire, il est appelé aussi Mawlawî et en Occident est devenu célèbre sous le nom de Bahâ-al-Dîn Walad et surnommé Sultan-al Ulama. Leur généalogie remontait à Abû Bakr, premier khalife de l’Islam. La mère de Bahâ-al-Walad aurait été d’origine princière de la dynastie de Kharazm-Shâh.

Théologien éminent, Bahâ-al-Dîn Walad était aussi un prédicateur très écouté. Il naquit vers l’an 1148 de notre ère. Ses sermons et ses pensées ont été réunis en un volume publié sous le nom de Ma’ârif. Considéré comme un sheikh soufi (il avait reçu sa Khirqa de Ahmad Ghazâlî, le frère du célèbre philosophe), il était l’objet d’un grand respect. Il fut le premier maître spirituel de Mawlânâ. Il était aussi l’un des six représentants de Nadjm-al-Dîn Kubrâ.

Aflâkî, l’historiographe de la confrérie fondée par Mawlânâ, raconte qu’u cours d’un voyage on demanda au père de celui-ci : «  D’où viens-tu ? » Bahâ-al-Dîn répondit : «  Je viens de Dieu et je vais vers Dieu, car il n’y a rien, sauf Dieu.

Nous pouvons constater que le père de Mawlânâ croyait comme lui à l’unité de l’existence           ( Wahdat-al-wudjûd ). Ils partageaient également une certaine hostilité à l’égard des penseurs scolastiques que Bahâ-al-Dîn Walad critiquait publiquement en chaire. Cela explique l’opposition de Fakhr al-Dîn Râzî, qui était l’un des defenseurs du Kalâm ( scolastique musulman).

 

On a prétendu que ce conflit avait causé le départ de Bahâ-al-Dîn Walad et sa famille de Balkh. Fakhr al-Dîn Râzî, conseiller spirituel du roi Khârazm-Shâh, détenait en effet une grande autorité et son hostilité personnelle pouvait faire encourir celle du souverain.

Mais ce ne peut être exact, car Râzî mourut en 1209, soit dix ans avant l’émigration de la famille Mawlawî. Il existe plusieurs autres versions à ce sujet. L’on dit notamment que Bahâ-al-Dîn Walad, en un dévoilement mystique, avait vu la destruction prochaine de sa ville natale par les Mongols, ce qui l’avait conduit à devancer cet événement.

 

Ils quittèrent donc Balkh en 1219. Djalâl-al-Dîn était alors âgé de douze ans. Ils effectuèrent d’abords le pèlerinage à la Mecque. En passant par Nichapout, Bahâ al-Dîn Walad rencontra Shiekh-Farîd al-Dîn  ‘Attar, et ce dernier offrit son Asrâr-Nâmeh ( Livre des secrets )  au jeune Djalâl-al-Dîn. Celui-ci conserva durant toute sa vie un grand respect pour  ‘Attar et Sanâ î ; il les cite toujours comme ses maîtres spirituels.

En chemin ils visitèrent Bagdad et, après trois jours, partirent  pour Arzandjân, où ils se fixèrent. En l’an 625 de l’hégire, cette ville fut conquise par Alâ-al-Dîn Kayqobâd, le roi sedjoukide, qui invita Bahâ-al-Dîn Walad à Konya. Ils passèrent quelque temps à Lâranda, où Djalâl-al-Dîn épousa, à huit ans, sur l’ordre de son père, la fille de Khodja Lâlâ, de Samarcande. Elle lui donna deux fils, Sultan Walad, qui succèda à Mawlânâ à la mort de celui(ci, à la tête de la confrérie mawlawie et Alâ-al-Dîn Mohammad.

Finalement, Bahâ-al-Dîn Walad s’installa définitivement à Konya avec sa famille ; il y retrouva son rôle de prédicateur et devint le maître spirituel de cette ville où il mourut en 1231, alors que Djalâl-al-Dîn n’avait que vingt-quatre ans. Il remplaça son père à la direction de son collège. Un an plus tard, un ancien disciple de Bahâ-al-Dîn, Burhân-al-Dîn Mohaqiq Tirmidhî, vint rendre visite à Mawlânâ et devint son maître spirituel. Il le resta jusqu’à sa mort, neuf ans plus tard. C’est sur ses conseils que Mawlânâ partit  pour étudier dans une école de théologie célèbre dirigée par un savant canoniste hanafite, Kamâl-ud-Dîn Ibn al  ‘Adîm. Après quelque temps, il se rendit à Damas, où il resta plusieurs années.

C’est à cette époque qu’il a pu rencontrer Muhyî-ud-Dîn Ibn Arabî, le Sheikh ul-Akbar ,qui y passait les derniers jours de sa vie.

Ceratins spécialistes ont été tentés d’établir une liaison directe entre ces deux grands pôles du soufisme dit « occidental » et du soufisme « oriental ». On ignore s’ils se sont personnellement rencontrés, car Mawlânâ n’a jamais parlé du Sheikh ul-Akbar et les documents historiques sont muets à ce sujet. On a parlé aussi d’une influence indirecte d’Ibn ‘Arabî sur lui par l’intermédiaire de Sadr od-Din Qoniawî, qui était le gendre d’Ibn ‘Arabî et devint l’ami intime de Mawlânâ.

Après son séjour à Alep et Damas, Mawlânâ revint à Konya et repris la direction du collège où il enseignait la jurisprudence et la loi coranique.

Les évènements géopolitiques et sociaux survenant dans cette région ne semblent pas avoir eu une grande influence sur sa vie et sa pensée.

Ce qui lui advint de plus important et qui bouleversa toute sa vie fut sa rencontre avec Shams de Tabriz, un derviche inconnu, voyageur solitaire qui arriva un jour à Konya.

Il existe très peu d’informations à son sujet. On sait seulement qu’il était originaire de Tabriz, où il naquit probablement vers 580 de l’hégire. Aflâki raconte qu’il était un disciple du Sheikh Abû Bakr Zanbilbâf deTabriz. On l’appelait « Shams le volant » à cause de ses déplacements incessants de ville en ville. Il ne vivait que des petits travaux qu’il effectuait au cours de ces voyages.

Il parle de Shams en l’appelant son maître spirituel. Lorsqu’il rencontra Shams, il avait une quarantaine d’années et une grande maturité intellectuelle. Ce que lui apporta Shams, c’est une ouverture sur une autre dimension, un dévoilement, l’enivrement de l’amour divin, au-delà de toute logique discursive. La plus grande œuvre de la poésie persane est le fruit de cette rencontre et de cette relation spirituelle : le Diwân de Shams Tabrîzî, composé par Mawlânâ et dédié à Shams en signe de profonde gratitude pour celui qui lui avait fait prendre conscience de sa nostalgie d’un paradis perdu et permis de révéler ce qui était caché dans le tréfonds de son cœur :

 

«  Des centaines de millions d’années, dit-il, je volais comme des atomes dans l’air.

Si j’avais oublié ce temps et cet état, cependant le voyage durant le sommeil le rappelle à ma mémoire.

Du sommeil, cette nourrice, je tète le lait de mes jours passés, ô Seigneur.

Afin de se libérer de la conscience pour un bout de temps, ils s’infligent à eux-mêmes l’opprobre du vin et des stupéfiants. Tous savent que cette existence-ci est un leurre, et que la pensée et la mémoire conscientes sont un enfer. »

Mawlânâ mourut le dimanche 5 de Djumâdî II 672    ( 17 décembre 1273 ) dans la soirée. Durant sa dernière maladie, au Sheikh Sadr ud-Dîn venu lui souhaiter une prompte guérison, il avait répondu : « Quand entre l’amant et l’aimé il n’y a plus qu’une chemise de crin, ne voulez-vous pas que la lumière s’unisse à la lumière ? »

 

 

 

Histoire du roi devenu amoureux d’une jeune esclave et l’achetant :

 

 

Au temps jadis, il y avait un roi à qui appartenaient le pouvoir temporel et aussi le pouvoir spirituel.

Il advint qu’un jour, se rendant à la chasse à cheval, avec ses courtisans, le roi aperçu en chemin une jeune esclave : l’âme du roi devint esclave de cette esclave.

Comme l’oiseau de son âme battait des ailes dans sa cage, il donna de l’argent et acheta la jeune fille.

Après qu’il l’eut achetée et qu’il l’eut gagnée à son désir, la Destiné divine voulut qu’elle tombât malade.

Un certain homme possédait un âne, mais pas de bât : dés qu’il eut une selle, le loup emporta son âne.

Il possédait une aiguière, mais on ne pouvait avoir de l’eau : quand il trouva de l’eau, l’aiguière se brisa.

Le roi rassembla des médecins venus de tous l’Iran, pays de 7000 ans de civilisation, regorge de monuments historiques bâtis avant et après l’Islam.

Avant l’islam, nous trouvons de grandes civilisations et monuments à Ashoush, Kashan, Shiraz etc. La plupart des monuments construits après l’Islam sont de grandes mosquées bâties au nom des chefs shiites et le plus souvent en remplacement des temples de Zaratustra.

Dans l’ancien temple de Zaratustra, de grandes flammes étaient allumées pour marquer le symbole de l’énergie et du soleil. Les coupoles des mosquées, principalement des mosquées iraniennes, sont faites d’or. Les perses voulaient sauvegarder l’image de leur lieu sacré, datant de l’époque antérieure à l’islam.

ci-après, nous allons développer l’histoire de certaines villes et provinces touristiques iraniennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kerman

Joyau du désert

 

 

 

La ville de kerman :

 

La capitale de la province de Kerman est la vieille ville historique de Kerman, située à une distance de 1060 kilomètres de Téhéran. Le nom de cette ville apparaît dans les textes pré-islamiques. C’était une grande ville prospère au temps des Sassanides. Les vestiges des monuments comme la forteresse d’Ardashir, Ghaled Dokhtar et bon nombre de temples de feu datant de cette période témoignent tous du passé historique de Kerman. La prospérité de la ville s’est prolongée dans la période pré-islamiste et était la capitale du pays sous le règne des Gharakhataees, Atabaks et une branche des Seljuks. La ville s’est davantage développée au temps des Safavides quand le complexe de Ganj-Ali Khan, nom du chef de la ville, a été créé ; et cet aspect florissant a continué sous la dynastie des Zands. Quelques établissements urbains comme le bazar, la mosquée et le caravansrai de cette période sont toujours présents. Cependant, après que les Qajars aient pris le pouvoir et Agha Mohammad Khan le monarque Qajar ait tué de nombreux citadins en raison de leur soutien envers Lotf-Ali Khan Zand, la ville a connu un fort déclin et a mis des années à se remettre.

Hormis sa vieille structure, avec ses longues allées ombragées, ses toits d’argile et de paille et ses voûtes et appartements poussiéreux, la nouvelle ville de Kerman s’est développée et a été reconstruite. Maintenant c’est une ville possédant les équipements nécessaires aux voyages et à la vie urbaine comme les hôtels, agences de voyage, aéroport, gares, transports urbains, restaurants, etc., tout comme une impressionnante pension de famille pour les touristes. Kerman possède plusieurs hôtels de 1ère et 2nde catégorie comme Sahra. Amin, Kerman, Naz, Pariz et Akhavan pour loger les touristes qui arrivent.

 

La province de Kerman :

 

Avec une superficie de 193 000 km2, Kerman constitue l’une des plus grandes provinces d’Iran. Située au sud-est du pays, elle est limitée au nord par les provinces de Khorassan et Yazd, au sud par la province d’Hormozgan, à l’est par la province de Sistan et Baluchistan et à l’ouest par la province de Fars. Kerman est une terre de montagnes et déserts. Les régions montagneuses se situent sur la partie ouest et les régions désertiques au nord et à l’est. Le climat de cette province varie considérablement. Il est sec et tempéré au nord et au centre ; chaud et presque humide au sud et à l’est. Les déserts et montagnes de Kerman offrent un cadre naturel beau et intact, et un environnement vivant et intéressant, tout comme des troupeaux de zèbres, gazelles et cerfs. Kerman est une terre faible en eau. Halil Roud, coulant de façon permanente, est sa rivière la plus importante. Le manque d’eaux superficielles à Kerman a entraîné, depuis longtemps, le développement de nombreux, larges et même historiques, qanats ( canaux d’eau souterrain ).

Kerman n’est pas une province à population dense en raison de la nature de ses régions, son climat sec et la grande distance entre ses diverses villes. Sa population est actuellement composée de 1 700 000 habitants vivant dans 10 villes de Kerman, Jiroft, Baft, Shahr Babak et Bardsir. Leur langue est le persan avec un délicat accent Kerman. La majorité des habitants sont des musulmans cependant des minorités religieuses, en particulier les Zoroastriens y vivent depuis longtemps. Les langues turques et baluches sont également parlées chez certaines tribus nomades de la région.

Les habitants e Kerman sont amicaux, accueillants et attachés à leurs riches traditions et coutumes religieuses nationales. L’économie de Kerman est basée sur l’agriculture et l’industrie.

L’agriculture possède ses caractéristiques particulières dans les diverses régions sèches, modérées et tropicales de la province ; et les produits agricoles de la région sont les grains, les betteraves, les feuilles d’henné, le cumin, le coton, les agrumes, les pistaches et les dates. Ces deux derniers produits font partie des exportations de la province. Les mines de cuivre de Kerman sont des plus riches en leur genre dans le monde. Il y a des industries à fonctionnement manuel tout comme celles à fonctionnement technique. Le tapis de Kerman est célèbre partout dans le monde pour sa délicatesse et sa résistance ; et l’art de la facture de Patteh -une autre forme de tapisserie- prévaut également dans le Kerman. Les petites et grandes industries à fonctionnement technique comprennent les industries agroalimentaires, les productions de ciment, de charbon, sucre et cuivre, ces dernières dans les mines de Sarcheshmeh.

La province de Kerman est reliée à Téhéran et à d’autres parties du pays par route, par chemin de fer ( via Isfhan ) et par avion. Tous ces moyens de communications ont placé l’économie florissante de la province sur la voie de la croissance.

 

 

Les lieux et monuments historiques à Kerman :

 

 

Les monuments historiques de Kerman comprennent le complexe Ibrahim Khan dont l’école et glaysariyeh, le Bazar Vakil et Srai, la mosquée grand jami du 14ème  siècle, la mosquée Iman khomeini ( Malek ) du 11ème siècle, la mosquée Pamenar du 12ème siècle, le Dome Moshtaghieh ( la tombe de Moshtagh - Ali Shah ), le Dome Jabalieh, la belle architecture et les plâtres au lieu saint de l’Imamzadeh Shahzadeh Hassan et la mosquée Chehelsctoun de Haj Ali Agha.

 

 

PARS ( province)

 

 

Datant de l’antiquité, la province de Fars est un centre important de la culture et de la civilisation perse. Sous d’importantes dynasties iraniennes, dont les Achéménides, Fars était la capitale du pays. Avec de nombreux monuments historiques, Fars est une vitrine de l’art et de l’histoire iranienne et islamique. Quelques uns des plus grands poètes et philosophes iraniens sont originaires de cette province.

L’identité de la province et le pays tout entier sont liés que l’on appela l’Iran Pars ( Perse ). Situé au sud de l’Iran et couvrant une superficie de 133 000km2, Fars est limitée au nord par Zazd et Isfahan, à l’ouest par Kohgiluyeh va Boyr Ahmad, au sud par Hormozgan et Bushehr, et à l’est de Kerman.

Le climat de Fars est complexe, allant du froid dans les régions du sud et de l’est. Les villes de Serpidan et Nurabad se situent dans les régions montagneuses. Dans les villes de Shiraz, Kazerun, Fasa et Firuzabad le temps est doux, tandis que Lar, Khonj et Evaz ont des étés secs et chauds. Les Zagros s’étendent du nord-ouest au sud-est. Au nord-ouest de la province, se trouvent de hautes montagnes comme Barm Firuz et Azamat. Le célèbre défilé de Kolis Kosh se situe dans cette montagne. Les montagnes proches de Shiraz sont Sabz Pushan, Kuh-e Bamu, Kuh-e Tudaz et Kharman Kuh.

 

La rivière la plus importante est Karkheh, prenant sa source dans les montagnes au nord, passant par la ville de Marvdasht et se déversant dans le lac Bakhtegan.

La rivière dans laquelle le grand barrage de Derudzan a été érigé irrigue de nombreuses régions et offre des vues spectaculaires. Le barrage est propice aux sports aquatiques.

Les autres rivières de Fars dont la plupart coulent dans le Golfe Persique sont les suivantes : Qara Aqaj, Shapur, Dalki, Firuzabad et Fahlyan. La cascade de Margun dans l’extrême ouest de Fars est très haute et attire un grand nombre de personnes.

 

Il y a trois lacs impressionnants à Fars : Bakhtegan ( Neyrig ), Parishan ( Famur ) et Maharlu.

Dans les régions montagneuses, il y a des grottes impressionnantes, les plus importantes sont les suivantes : la grotte de Tadevan situé à 120 km2 à l’est de Shiraz sur la route de Jahrom-Shiraz. Cette grotte, où vivent de nombreuses chauves-souris, est l’une des plus grandes d’Iran. Heydar Beyg, dans laquelle se trouve un puit, se situe à Beyza.

La végétation de cette province est riche et varié en variété avec notamment les acanthes, les chênes, les amandiers et figuiers. Les régions forestières s’étendent sur les forêts des Zagros.

La faune et la flore comprennent les bouquetins, gazelles, cerfs, marcassins sauvages et renards. Les oiseaux que l’on trouve dans la province sont des perdrix, faisans, aigles et quelques espèces d’oiseaux migratoires. La dynastie dominante des Perses a été implantée dans Fars par les Achéménides. Dés lors, Fars est un centre majeur de la culture et de la civilisation iranienne. Le farsi est la langue la plus couramment parlée. La religion de la majorité des habitants. Les minorités religieuses sont les Zoroastriens, les juifs et les chrétiens. L’une des plus grandes tribus iraniennes appelée Qashqayee vit à Fars.

L’agriculture est primordiale dans Fars. Les produits principaux sont les céréales ( blé et orge), agrumes, dates, betteraves sucrières et coton.

Les industries de Fars ont leur importance, dont l’industrie pétrochimique, une raffinerie de pétrole, une usine de production de pneus, l’industrie électronique et une fabrique de sucre.

La province de Fars comprend 15 villes. Shiraz est la capital de la province et les autres sont les suivantes :Abadeh, Estahban, Eqlid, Jahrom, Darab, Sepidan, Fasa, Firuzabad, Kazerun, Lar, Lamard, Marvdasht, Mamasani et Neyriz. Shiraz est connue du monde entier pour être une ville historique.

 

 

La Province d'Isfahan

 

 

Province d'une grande antiquité, elle est connue comme étant une vitrine de l'art et de l'histoire iraniens et islamiques.

La province d'Isfahan, situé au centre de l'Iran, couvre une superficie de 105263 km2. Elle est limitée à l'est par Yazd et Khorasan, au nord par Markazi, à l'ouest par Lorestan, Khuzistan, Chaharmahal et Kohgiluye, et au sud par Fars. Faite de plaines et de régions montagneuses, la province possède 3 types de climat: sec, semi-sec et semi-humide. Mais la majeure partie de la province possède un climat tempéré. Les hautes montagnes telles que Dena, les Karak ses, Shahankooh et Alvand, enfouies dans la neige, se trouvent dans cette province. La plus grande rivière dans le plateau central de l'Iran, Zayandeh Rood, passant par la province d'Isfahan, offre bon nombre de vues impressionnantes. Il existe des facilités pour les loisirs comme l'aviron et les bateaux à moteur et les lieux de pêche aussi bien sur Zayandeh Rood qui passe par Isfahan que près du grand barrage construit dans la rivière, à 117 Km au sud de la ville. Outre Zayandeh Rood, il y a d'autres rivières telles que le Marghab, gandoman et Anar Bar qui arrosent la province.

Les climats différents ont entraîné une vie animale riche en variété. Depuis de nombreuses années, les autorités prennent des mesures pour protéger l'environnement.

En raison de ressources suffisantes en eau, l'agriculture et l'élevage sont d'une grande importance dans cette province. Cette province, l'un des centres industriels les plus importants d'Iran, possède de nombreuses industries, petites ou grandes, notamment des industries lourdes de sidérurgie et d'aciérie. Elles est riche en ressources naturelles, parmi lesquelles figurent des mines de charbon, de fer, de zinc et de plomb.

La religion de la majorité des habitants est l'Islam. Le Farsi (Perse) est la langue la plus couramment parlée bien sûr, dans certaines régions, l'azerbaijani, l'arménien et l'hébreux sont également parlés. Les monuments historiques variés, pour lesquels Isfahan est mondialement connue, sont répartis à travers la province, marquant son antiquité. Plusieurs de ces monuments ont été enregistrés par l'UNESCO comme des monuments historiques. Isfahan est la capitale de cette province, ses autres villes sont les suivantes: Ardestan, Khansar, Khomeyni-Shahr, Semirom, Faridan, Fereydoon-Shahr, Kashan, Falavarjan, Shah-Reza, Golpayegan, Lanjan, Na'een, Najaf-Abad et Natanz.

Toutes ces villes sont reliées entre elles et aux autres provinces par des grandes routes ou des routes appropriées.. L'aéroport d'Isfahan, situé au nord-est de la ville, avec une capacité de 500 vols par jour, joue un rôle important pour relier Isfahan aux autres villes d'Iran et d'autres villes de pays voisins.

 

 

Isfahan :

A 1570 mètres au-dessus du niveau de la mer, Isfahan se situe à 414 Km au sud de Téhéran. Cette ville mondialement connue, comptant de nombreux monuments historiques et ponts, est l'une des attractions touristiques les plus importantes en Iran, de telle sorte que presque tous les touristes voyageant en Iran vont visiter Isfahan. Datant d'environ 2500 ans, Isfahan a été la capitale de l'Iran à 3 périodes historiques. L'âge d'or d'Isfahan se situe dans la période des Safavides (1501-1736).

 

 

Abyaneh

 

 

Village d'une grande antiquité, Abyaneh ressemble à un musée architectural et anthropologique vivant. Il offre une vitrine impressionnante de l'adaptation de l'homme à son environnement.

Il se situe sur le versant du nord-ouest du Mt Karkas, à 2 Km de Natanz (ville de la province d'Isfahan). Il se trouve à 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer. A un lieu nommé Hanjan, une route relie Abyaneh à la route principale de Kashan-Natanz. Hanjan est à 55 km de Kashan et à 25 Km diAbyaneh.

Abyaneh est principalement arrosé par la rivière de Barzrud. Situé sur le versant de la haute montagne de Karkas, ce village possède un climat froid et de nombreuses sources créant des conditions favorables à l'agriculture.

 

Selon les indices recueillis à Abyaneh, il remonte à l'antiquité mais son âge d'or se situe pendant

la période des Safavides. Le mot Abyaneh est dérivé du mot « viona »qui veut dire saulaie (dans le dialecte local, « vey »signifie saule).

Le village s'étend le long de la rivière, et sa configuration indique que dans le passé les habitants ont montré beaucoup de considération pour la sécurité. Bien que le village lui-même soit situé sur un haut terrain, 3 châteaux ont protégé les habitants lors de l'attaque ennemie. En outre, la configuration d' Abyaneh la protège des vents forts et des inondations.

Abyaneh est de fabrication compacte avec des allées étroites et escarpées. Situé sur le flanc de la montagne, les maisons sont alignées de telle manière que les toits de certaines maisons sont les jardins des autres. Les matériaux utilisés pour la construction des toits sont le bois, la paille et l'argile. Les murs, faits de briques de boue rouges, sont impressionnants. Les briques de boue sont de telle qualité qu'elles durcissent quand elles sont exposées à la pluie. Afin de profiter au maximum du soleil, les maisons sont à l' est. Ce qui impressionne dans l' architecture d' Abyaneh ce sont les maisons, uniformes en apparence. Les portes, dont la plupart ont 2 marteaux, sont en bois et de style traditionnel. Elles possèdent de beaux motifs, des poèmes et les noms des propriétaire et maçon incrustés dans certaines portes. Ces poèmes illustrent bien la vieille culture iranienne. De nombreuses façades datent de la période des Safavides. A côté de la porte de nombreuses maisons se trouvent de petites plates-formes offrant aux passants et résidents locaux des endroits où se reposer un moment.

La simplicité des maisons d' Abyaneh offre un tableau de la vie dans l'Iran rural. Chaque pièce est utilisée pour divers fonctions. Par exemple, un chambre simple peut être utilisée comme salle à manger, salon, chambre et chambre d'amis. Pour économiser du chauffage, les pièces utilisées en hiver sont architecturalement différentes de celles utilisées en été. Pour que chaque partie des pièces soit éclairée de manière égale, il y a plusieurs petites ouvertures dans les toits. La taille des pièces, fenêtres et portes indiquent tous la simplicité de la vie dans ce vieux village.

On appelle Abyaneh une entrée dans 1 'histoire iranienne. Dans certaines maisons, il y a de la faïence d'une centaine d'années. Les vêtements locaux traditionnels sont d'une grande antiquité. On dit qu'une femme d' Abyaneh a hérité de sa robe de mariée de sa grand-mère. La langue parlée par les habitants est semblable à la langue parthe (une langue iranienne des parthes qui habitaient un ancien pays au sud-est de la Mer Caspienne, maintenant fait partie du nord-est de 1 'Iran).

Il y a plusieurs monuments historiques à Abyaneh dont la mosquée de lame, la mosquée de Yarzaleh ou celle de Hajatgah, les Châteaux de Haman, deux maisons de derviches (datant de la période des Safavides) Zeyaratgah, monument impressionnant attirant un grand nombre de visiteurs chaque année.

 

 

La province de Yazd

 

 

Couvrant une superficie de 76 156 km2, la province de Yazd se situe au centre de l'Iran. Elle est limitée au nord et à l'ouest par Isfahan, au nord-est par Khorassan, au sud-ouest par Pars et au sud-est par Kerman. Les déserts voisins de Kavir-e-Loot, Kavir-e-Namak, Dasht-e-Kavir et les chutes de pluie peu abondantes donnent un climat sec à la province.

Les quelques montagnes de cette région sont principalement situées au sud et au sud-ouest dont les plus importantes sont les Shir Kooh dont les sommets sont couverts de neige toute l'année.

Les déserts et le sable flottant sont les principales caractéristiques géographiques de cette province. Le silence mystérieux des déserts voisins attirent ceux qui aiment les beautés profondes et inexplicables de la nature.

Toute la superficie est plutôt faible en eau, manque de chutes de pluie adéquates sur de larges sections et présente de vastes étendues de terre stérile. Ces dernières années, en plantant des buissons et des arbres dans les régions désertiques, de sérieuses mesures ont été prises afin d’arrêter que les déserts ne s’étendent.

En hiver, quand le besoin en eau n’était pas grand, on stockait l’eau dans des réservoirs pour qu’elle soit utilisée en été. La lutte permanente contre les conditions non favorables a rendu les habitants travailleurs.

A cause de la faible végétation, la vie animale n’est pas riche mais il y a des espèces d’animaux et d’oiseaux adaptées aux circonstances.

La ville de Yazd date probablement de la période des Sassanides. Les caractéristiques géographiques de cette région a incité des personnes à développer des styles particuliers d’architecture. Pour cela, dans l’ancienne partie de la ville, la plupart des maisons sont faites de briques de boue et ont des toits en forme de dôme. Ces matériaux ont servi d’isolation, empêchant la chaleur de pénétrer à travers. L’existence de structures de ventilation spéciales, appelées badgirs, sur les toits, est un trait distinctif de l’architecture de la ville. ( Un badgir est une haute structure sur le toit sous laquelle, à l’intérieur du bâtiment, se trouve un petit point d’eau ).

La majorité des habitants vivent dans des régions urbaines. Les musulmans constituent la majorité de la population, tandis que les Zoroastriens et les Juifs sont des minorités. La langue parlée dans la province est le perse.

Yazd (  la capitale ) est reliée aux autres villes par des routes d’asphalte. Des vols réguliers relient  Yazd aux villes de Téhéran, Isfahan, Kerman, Zahedan et Bandar Abbas. La province de Yazd est riche en minerais tels que le fer, le plomb, le zinc, le cuivre et l’uranium. Bien que l’agriculture et l’élevage ne soient pas très prospères, les élevages de vers à soie et l’apiculture prédominent dans certaines régions. Région industrielle, la province de Yazd comporte différentes industries manufacturées dont la plus importante est l’industrie textile. Les textiles produits dans cette province sont célèbres en Iran dans certains autres pays. La ville de Yazd est la capitale de la province, tandis que les autres villes sont Maybod, Taft, Abarkooh, Mehriz, Ardekan et Bafgh.

 

YAZD :

 

Situé sur une vaste vallée sèche, à 677 Km au sud de Téhéran, Yazd a un climat sec et semi-sec avec des étés chauds et des hivers froids. Dans le passé, sans installations modernes, c'est uniquement l'intelligente architecture du bâtiment qui a permis aux habitants de tolérer l'été chaud. Les structures de ventilation appelées badgirs étaient les moyens les plus importants par lesquels l'intérieur est devenu frais. On peut encore voir ces structures dans la plus ancienne partie de la ville. Pour cela, Yazd était (et est encore) appelée la ville des badgirs.

Selon certains historiens, Yazd a été créée par Yazdegerd I (339-420 après J.C.). Le plus ancien quartier de Yazd s'appelle Fahadan. Se trouvant au milieu de déserts immenses, les Mongoles n'ont pas capturé cette ville, d'où l'immigration de nombreux poètes, artistes et savants Pendant cette période, de nombreux écoles, mosquées et mausolées ont été créés à Yazd.

Actuellement, aussi bien les travaux d'artisanat traditionnels que les industries modernes sont actives dans cette province.

L'UNESCO a reconnu Yazd comme ville ayant la 2ème architecture la plus vieille dans le monde.

 

Guilan

 

 

Jouissant d'une beauté naturelle extraordinaire, d'un climat agréable, de hautes montagnes couvertes de végétation et de forêts luxuriantes, cette province attire un grand nombre de visiteurs chaque année.

Situé au sud de la Mer Caspienne, Gilan couvre une superficie de 14709 km2. Cette province est limitée au nord par la Mer Caspienne, à l'ouest par Ardabil, à l'est par Mazandaran et au sud par Zanjan. Les hautes montagnes de l'Alborz retiennent l'humidité et créent une région douce et humide avec des forêts luxuriantes et des marécages. Région la plus humide d'Iran, Gilan connaît des précipitations annuelles s'élevant à environ 200 cm. Les chaînes de montagnes suivantes sont à Gilan : les montagnes de l'ouest qui incluent une partie de l'Alborz. Les rivières sont nombreuses, la plupart d'entre elles prennent leur source dans les montagnes de l' Alborz. Mais la Sefid Rud, la plus grande rivière de Gilan, prend sa source dans le plateau intérieur de l'Iran, coule dans la plaine de Gilan puis jusqu'à la Mer Caspienne. D'autres importantes rivières sont les Pol Rud et les Shalman Rud.

Le long de la côte de la Mer Caspienne, il y a de nombreux marécages, les plus grands étant ceux d'Anzali et Amir Kelayeh. Le marécage d'Anzali est au sud du port d'Anzali et comprend les deux régions protégées de Siyah Keshim et Selke. fi couvre une superficie de 450 km2. C'est l'habitat de certaines espèces d'oiseaux migratoires, car ce marécage est d'importance internationale. fi possède une végétation naturelle unique en son genre. fi y a des facilités pour les loisirs pour faire du bateau sur le marécage.

Le marécage d'Amir Kelayeh, qui couvre 4 km2, se situe au sud-est de la ville de Lahijan. C'est 1 'habitat de nombreuses plantes aquatiques et d'oiseaux migratoires. Les flancs des montagnes du nord sont couverts d'épaisses forêts de chênes, hêtres, ormes, aulnes et d'oliviers. Dans les plaines et dans certaines régions montagneuses, il y a des prairies et de riches pâturages.

Les habitants de la province de Gilan sont appelés les Gilak, parlant la langue de Gilaki. Le groupe ethnique Talesh, parlant la langue Taleshi, vit à l'ouest de Gilan. Ce groupe avait un mode de vie nomade dans le passé. Aujourd’hui, cependant, ils ont des résidences fixes. La religion des Gilak est l'Islam.

Toutes les villes de la province sont reliées entre elles et aux autres provinces par des routes d'asphalte. L' aéroport de Rasht est aussi un important centre pour les transports.

Des conditions naturelles favorables et la barrage sur la rivière Sefid Rud, installé au début des années 60 à Manjil, contribuent au développement de l'agriculture. La plupart des habitants, par conséquent, sont impliqués dans des activités agricoles. La récolte la plus importante est le riz, tandis que le thé, le tabac, les agrumes, le grain et les cacahuètes sont également produits.

Les industries de Gilan sont principalement situées dans la banlieue de Rasht (la capitale de la province), les plus importantes étant celles de l'agroalimentaire, les exploitations minières, les industries du bois, du tabac et du textile. Les mines de charbon et les industries de pétrole font partie des atouts naturels. La pêche est très importante et les poissons servent autant pour une consommation domestique que pour l'exportation. On trouve plus de cent espèces de poissons dans la Mer Caspienne, les plus importantes étant le brème, le saumon, le mulet, la carpe, le poisson-chat, la perche et l’esturgeon. Ayant la meilleure qualité, le caviar d’Iran que l’on obtient de l’esturgeon s’exporte beaucoup.

Rasht est la capitale tandis que Astara, Astaneh-e Ashrafiyyeh, Anzali, Fuman, Langrud, Lahijan, Rudbar, Rudsar, Souma’eh Sara et Talesh sont les autres villes de la province.

 

FARVAHAR

 

C’est le symbole du dieu qui sait tout et qui est capable de tout faire: AHOURA-MAZDA                 ( Ahoura= savoir et Mazda= pouvoir ).

Ce symbole est comparable à un aigle qui sait tout et qui est capable de tout et qui n'a pas besoin de brûler ses fidèles s’ils commettent des actes répréhensibles. Il n'a pas besoin non plus, de donner l'espoir de paradis à ses fidèles pour l'obéir.

Il est créateur de tout, il ne veut jamais punir personne et n'a jamais besoin non plus de faire souffrir ses fidèles.

Maintenant je vais vous présenter les explications sur les différentes composantes de cet aigle AHOURA-MAZDA.

 

LA TETE DE FARVAHAR :

Avoir une tête comme chaque être humain, veut dire que l'homme est créé à l'image de Dieu et le monde est un cadeau laissé à la main de cet être. Et l'homme avec « la raison » et « son esprit saint » a été laissé sur terre en totale liberté.

Et il est conseillé de combattre le AHRIMAN, qui est le diable et le symbole de mauvais actes, pensées ou paroles.

Tout cela pour créer le paradis sur terre et que tout les êtres humains pourraient vivre en tranquillité.

 

LA BARBE :

La barbe de AHOURA-MAZDA va désigner l’age de l’homme qui devient sage, rationnel et qui peut distinguer le bien du mal.

L’age de raison de l’être humain a toujours été calculé entre 20 et 40 ans.

Après le passage de la chaleur de jeunesse, à partir de 20 ans, c’est le moment où on réfléchit le mieux et que l’on étudie bien nos actes.

 

LE VETEMENT :

Ce que l’on voit dans l’image de AHOURA-MAZDA qui porte un vêtement tout à fait banal veut dire que l’homme ( femme ou homme ) doit avoir un vêtement égal et normal.

 

LE PETIT CERCLE :

Sur la main gauche de FARVAHAR, il y a un petit cercle qui est le signe du royaume des êtres humains sur Terre.

 

LE GRAND CERCLE :

Au centre du corps de AHOURA-MAZDA, il y a un autre cercle qui est le symbole du soleil, qui nous donne la vie, l’énergie sur Terre.

 

LE PLUMAGE :

Il y a trois plumages en bas et trois autres en haut que l’on multiplie par deux qui font douze. Ce sont les symboles des douze planètes ou les douze anges qui sont au cotés de Dieu le tout puissant.

 

LA MAIN DROITE :

La main droite de AHOURA-MAZDA est dirigée vers une direction, ce qui veut dire que la vie à un but.

 

LES DEUX MANIVELLES : 

Elles sont situées en bas à gauche et en bas à droite. Elles sont le symbole de la perpétuelle continuité et rotation de l’univers.

 

LA COURONNE :

La couronne que l’on voit sur la tête d’AHOURA-MAZDA, est le symbole de son royaume qui gère le monde entier. Par conséquent, tout est sous ses ordres : l’eau, le feu, le vent, la vie….en somme tout ce qui est sur Terre.

LA CROIX :

Elle est utilisée chez les chrétiens, c’est une sorte d’AHOURA-MAZDA déformée.

 

 

ahouramazda